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Parodie

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On le sait, Alexei Navalny, de retour en Russie a été aussitôt arrêté. Puis déféré devant un tribunal plus ou moins improvisé, d’après les témoins et les médias qui se renseignent sur l’affaire, notamment RFI : une salle de tribunal installée à la hâte dans un Commissariat. Et Navalny parle d’une parodie de procès. Bien sûr c’est en russe qu’il l’a dit, mais en français, l’expression existe. Parodie de procès, parodie de justice. Avec ces formules, on parle de procès qui n’en sont pas : une façon très péjorative et méprisante de désigner une manifestation qui n’est en rien un procès équitable : on a l’impression que les jeux sont déjà faits, la sentence déjà prête. Mais on fait comme si un procès avait lieu, comme si on entendait des témoins, comme si on examinait des preuves avant que le juge ou les membres du jury se prononcent. Alors pourquoi faire un procès dans ces conditions ? Pour dire qu’on en a fait un, pour légitimer une condamnation ou une sanction. Et l’expression a commencé à se populariser au 20ème siècle, et déjà en Russie, dans l’Union Soviétique de la fin des années 30, lors des purges staliniennes. Les purges c’est-à-dire l’élimination par Staline des Bolcheviks, donc de ses anciens compagnons qui pouvaient lui faire de l’ombre et s’opposer à son pouvoir personnel. 

Mais pourquoi parler de parodie ? Le mot nous vient du vocabulaire du spectacle ou de la littérature. Une parodie est une imitation. Mais une imitation qui déforme, qui caricature, dans le but de ridiculiser. C’est au départ le principe de ce qu’on appelle le burlesque : à partir d’une œuvre sérieuse, on en écrit une autre qui transpose les situations ou les personnages. On se souvient par exemple de la parodie du Cid : les grands seigneurs deviennent marchand de brochettes pour l’un et coiffeur pour l’autre. Rodrigue, le héros, est « chômeur professionnel ». On fait donc rire parce que l’histoire qui se passe à la cour des princes se retrouve dans un petit peuple plus ou moins pittoresque.

La parodie est-elle semblable au pastiche ? Pas exactement : le pastiche ridiculise de manière plus fine, et sans transformer, sans transposer. Mais le pastiche peut faire sourire, car il essaie de comprendre « l’air de la chanson » : le style d’un auteur, éventuellement, ses tics, ses facilités, ses tournures favorites. Il y a donc une moquerie, mais plus subtiles. Si on essaie d’écrire « à la Molière », « à la Victor Hugo », « à la Proust », on peut les pasticher. Mais on y trouve presque toujours un mélange de moquerie et d’admiration. Le trait est moins gros que dans la parodie. Ce qui explique que le mot n’ait pas d’utilisation figurée : on parle de parodie de justice, pas de pastiche de justice.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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