#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Le/la Prof

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Il est normal que le 8 mars, en cette journée internationale du droit des femmes, on parle du rapport de la langue avec les genres, de la façon dont bien souvent les langues, et la française en particulier, sont le reflet de l’inégalité des sexes. Heureusement les choses évoluent, même si cela ne va pas très vite. Et en particulier une institution aussi conservatrice que l’Académie française a modifié des positions qui ont été longtemps réactionnaires, notamment quand Maurice Druon en était Secrétaire Perpétuel. Il est donc admis de parler d’une autrice, et la présidente n’est pas seulement la femme du président. Le linguiste Bernard Cerquiglini, au micro de Pascal Paradou, en parlait hier sur RFI.

Mais on peut remarquer que ces changements concernent bien plus une langue surveillée, une langue châtiée, officielle, qu’une langue populaire ou même courante. A l’oral, dans l’expression quotidienne, il y a bien longtemps que la féminisation est à l’œuvre sans que personne n’y trouve rien à redire. Et cela se manifeste particulièrement par rapport à deux sortes de termes très fréquents : les diminutifs et les mots qui se terminent par un « e », c’est-à-dire qui ne se prêtent pas vraiment à une féminisation. Autrement dit, pour employer un langage de cuistre, les apocopes et les épicènes.

En effet les apocopes sont les mots tronqués, ceux qu’on abrège, pour faire plus court à l’oral. L’exemple le plus courant est celui du prof. Diminutif de professeur évidemment. Et on sait que la profession enseignante a été l’une des premières à se féminiser parmi celles qui exigent un certain niveau d’études. Donc il y a bien longtemps qu’il y a des professeures – un mot qu’on peut écrire aujourd’hui avec un « e » final, bien que ce ne soit pas l’usage unique. Et depuis que les élèves, quand ils sont entre eux, et les profs, quand ils sont entre eux, parlent de cette fonction, ils parlent du prof pour un homme, et de la prof pour une femme. Pas de problème d’orthographe ! Cet usage est essentiellement oral, donc l’orthographe le concerne peu. Mais même quand on écrit, on n’aura pas l’idée de féminiser un mot par sa graphie. L’article est là pour donner le genre : le prof, la prof. Et quand l’article est élidé parce que le mot commence par une voyelle, la suite de la phrase atteste le féminin : l’instit est gentil, ou l’instit est gentille. Si c’est si facile, c’est précisément parce qu’en coupant le mot, on lui laisse comme lettre finale une consonne qui se prononce. Ce qui arrive très peu dans le français académique. Autre profession qui s’est très largement féminisée ces dernières décennies, la magistrature. Et on assiste au même phénomène : familièrement on parle du proc pour désigner le procureure. Si c’est une femme, on parle de la proc.

Et pour les mots qui se terminent par en « e », on assiste bien souvent à une féminisation sans douleur : le juge, la juge. Et c’est là qu’on a souvent assisté à une différence entre la langue officielle et la langue courante : on a longtemps parlé d’un ministre même si c’était une femme, alors que spontanément on parlait de la ministre. On disait officiellement Madame le ministre, comme si ce mot désignait la fonction et non la personne, et que la fonction n’avait pas de sexe. Mais sorti du journal officiel, on disait facilement Madame la ministre.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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