#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Krach et dévisser

mots-actu_k.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Inquiétude sur toutes les places boursières : les indices dévissent ! C’est le mot, un peu familier, mais fort expressif qu’on entend, et surtout depuis hier ! L’épidémie de coronavirus, qui stoppe ou ralentit les mouvements de matières premières, qui ferme des frontières, qui entrave la production et réduit la consommation, a bien sûr des répercussions sur l’économie. Et les bourses subissent de plein fouet ce coup de frein. De plein fouet, c’est-à-dire de face, sans qu’on ait eu le temps de parer le coup, d’imaginer une esquive. Et on entend cette formule bien souvent – c’est une expression toute faite, mais qui évoque bien la brutalité et la violence du processus. Les bourses en effet, et les indices boursiers qui font la moyenne des hausses et des baisses semblent chuter. C’est bien pour ça qu’on dit qu’elles dévissent. Le verbe au sens propre renvoie juste à une vis qu’on fait tourner non pour la faire pénétrer dans le bois ou la cheville, mais au contraire, pour l’en extraire : on la fait tourner à l’envers. Et l’image a été d’abord utilisée dans le jargon de l’alpinisme : on dévisse lors d’une ascension lorsqu’on perd ses prises et qu’on tombe, ce qui peut être bénin, grave ou parfois mortel. Mais on a l’idée de la chute. C’est bien ce qui permet le saut vers une autre situation. Dévisser, donc ça inquiète, mais si l’on parle de krach, on évoque quelque chose de plus grave encore !

il s’agit de l’effondrement brutal des cours de la bourse. On parle de krach quand une chute très brutale désorganise subitement les marchés boursiers, ruinant au passage, ou tout au moins appauvrissant notablement un certain nombre d’investisseurs. Et le mot est étonnamment expressif. Krach ! On entend bien une cassure. Et même si le mot est emprunté au néerlandais, son impact est le même en français.

Donc il est évidemment de la même famille que le verbe craquer, ce qui est surprenant quand on repense à l’image évoquée : ce bruit, aussi menaçant qu’il soit, n’évoque pas directement la chute, mais sa cause. On penserait plutôt aux quelques secondes qui précèdent la chute : le crac de la charpente sur le point de s’écrouler, le crac, rapide, mais quand même progressif, des poutres qui se brisent, comme une vision de la catastrophe quelques secondes avant qu’elle ne se produise, quand plus rien ne peut l’éviter… c’est bien ça en fait qui fait frémir !

Le mot dans son sens financier a un passé qui n’est plus récent : au 19e siècle déjà on l’employait avec cette signification, surtout après la crise de 1873 et l’effondrement de la bourse de Vienne. Mais l’exemple le plus connu est certainement celui de la crise de 29, boursière d’abord, puis économique qui a très fortement secoué le monde occidental. Et on imagine souvent le krach de la bourse comme le coup d’envoi de cette période, avec d’ailleurs un jour précis, le 24 octobre 1929, resté dans les mémoires comme étant le jeudi noir. On a d’abord parlé de Black Thursday, en anglais, et l’expression a été rapidement traduite en français. Et la formule est liée à une catastrophe boursière au point qu’on peut la moduler selon le jour de la semaine : on a pu entendre parler d’un lundi noir hier.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias