#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Journal en français facile 14/03/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Julien Coquelle Rohem : Vous écoutez RFI, il est 21h à Paris, 20h en temps universel. L'heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile que j'ai le plaisir de présenter ce soir avec Aurélien Devernoix. Bonsoir Aurélien.

Aurélien Devernoix : Bonsoir Julien, bonsoir à toutes et à tous.

JCR : À la une de ce journal une fois de plus un seul grand titre : le coronavirus. La barre des 150 000 cas a été franchie dans le monde et les paysages de villes fantômes qu'on voyait en Chine au début de la crise sont désormais à Rome, à Madrid et bientôt à Paris, Aurélien.

AD : La France est en effet passée en « phase 3 » ce soir. Les explications sur ce terme dans un instant. Les bars, les restaurants, et tous les commerces « non essentiels », c’est-à-dire dont on peut se passer au quotidien, seront fermés dès demain.

JCR : L'Europe où les fermetures de frontières se multiplient ; les États-Unis étendent leurs interdictions d'entrée au Royaume Uni et à l'Irlande ; l'Arabie saoudite suspend ses vols internationaux.

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AD : Et l’on commence donc en France. C'est une décision qui semblait inévitable depuis plusieurs semaines face au coronavirus : la phase 3 a été déclenchée par les autorités.

JCR : Une nouvelle étape a été franchie dans la lutte contre le nouveau coronavirus. Il s’agit du seuil d’alerte maximale en cas d'épidémie. Les détails Valérie Cohen.

La France fait donc face dorénavant à une épidémie. Autrement dit le nouveau coronavirus circule activement sur son territoire ; il n’est plus question de foyers ici et là, et de cas isolés ailleurs. Mais bel et bien d’une diffusion large. L’objectif des autorités est désormais d’atténuer les effets de l’épidémie. Et l’on passe d’une logique de détection et de prise en charge individuelle à une logique collective. Tous les acteurs du système de soin sont mobilisés, médecins de ville comme hospitaliers. Les patients infectés dont l’état n’est pas grave ne seront plus hospitalisés, mais maintenus à domicile. Ainsi l’hôpital pourra dédier ses ressources aux cas les plus graves. Concernant les autres mesures possibles, certaines ont déjà été prises, comme l’interdiction de rassemblements ou la fermeture des établissements scolaires ; elles pourraient être étendues. Quant aux transports, les décisions peuvent aller de l’information sur la nécessité d’éviter les transports en commun, à la suspension de certains d’entre eux. Autres mesures éventuelles : la mise en place de structures d’accueil spécifiques pour les personnes sans domicile fixe infectées dont l’état n’est pas grave.

AD : Valérie Cohen. Une phase 3 annoncée ce soir par Jérôme Salomon, le directeur Général de la Santé. Il a également communiqué le nouveau bilan en France : 4 500 cas, 300 patients dans un état grave et 91 morts. Avant cela, le premier ministre, Edouard Phillipe avait annoncé de nouvelles mesures.

JCR : Et elles sont drastiques, c’est-à-dire fermes, sévères. Après avoir déjà interdit les rassemblements de plus de 100 personnes hier, Edouard Philippe a annoncé qu'à minuit ce soir les restaurants, les cafés, et les commerces « non essentiels » fermeront « jusqu'à nouvel ordre » c'est à dire que la durée de cette fermeture n'est pas précisée. Seuls les magasins d'alimentation, les pharmacies, les banques, les bureaux de tabac et les stations essence pourront rester ouverts, les élections municipales de ce dimanche sont maintenues.

AD : Une décision déjà prise par l'Italie cette semaine. Le pays a entamé son premier weekend à l'isolement.

JCR : L'Italie, deuxième pays le plus touché du monde derrière la Chine, où l'on décompte plus de 21 000 cas et 1 441 morts du coronavirus avec désormais des règles strictes à respecter dans les supermarchés du pays pour éviter que les habitants s'y précipitent dans la panique et de nouvelles contaminations. Exemple avec ce magasin de Rome où s'est rendue notre correspondante Anne le Nir.

C'est une véritable discipline de fer qui doit être respectée sous peine d’une amende de 2 500 euros pour les propriétaires et gérants de magasins d’alimentation. Arnaud de Montalembert, directeur d’un supermarché dans le centre de Rome, où tout le personnel porte un masque et des gants de protection. « On a une obligation de filtrer les personnes à l’entrée. Donc on a un magasin de 200 m2 où on ne dépasse pas les six- sept personnes à la fois.  Et on a des queues de 200- 300 mètres à l’extérieur du magasin. » Comme aux abords de tous les commerces alimentaires, la police surveille les mouvements et la distance minimum d’un mètre entre chaque personne. En ce qui concerne l’approvisionnement, Arnaud de Montalembert constate que certains produits commencent à manquer. « L’eau, la farine, les pâtes, le sucre, les conserves. La production est au ralenti. La demande a plus que doublé dans le secteur de la grande distribution et si la crise dure plusieurs semaines, voire plusieurs mois, on ne sait pas du tout comment vont être achalandés les magasins. » Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, qui réside en plein cœur de la capitale, s’est d’ailleurs rendu samedi, de bon matin, dans ce supermarché blindé pour faire d’amples provisions de pâtes, biscuits et conserves. Anne Le Nir, Rome RFI.

AD : Vous l'entendez, tout s'accélère en Europe, considérée depuis hier comme le nouvel épicentre de la pandémie par l'Organisation Mondiale de la Santé, c’est-à-dire l'endroit où le virus se transmet le plus rapidement sur la planète.

JCR : Et notamment en Espagne, deuxième pays le plus touché par le coronavirus en Europe. Le nombre de cas dépasse les 5 700 et a été multiplié par dix depuis dimanche. Et de plus en plus de pays ferment leurs frontières sur le continent comme le Danemark qui a annoncé un premier mort ce soir, mais aussi la République Tchèque, Chypre, la Lituanie et la Slovaquie. L'Europe est de plus en plus isolée. Les États-Unis qui ont déjà fermé leurs portes aux voyageurs de 26 pays européens ont décidé d'étendre cette interdiction au Royaume Uni et à l'Irlande.  

AD : Et puis autre mesure forte : l'Arabie Saoudite vient d‘annoncer ce samedi la suspension de ses vols internationaux pour une durée de quinze jours.

JCR : Plus de départ en avion vers d'autres pays et plus d'arrivée bien sûr. Les détails de cette mesure avec notre correspondant dans les pays du Golfe, Nicolas Keraudren

Le Covid-19 se propage aussi dans les pays du Golfe. Pour endiguer le virus, l‘Arabie saoudite a annoncé la suspension de tous les vols internationaux dès demain, dimanche 15 mars, et ce pour deux semaines. Cette mesure s‘applique aussi aux citoyens et résidents du Royaume qui se verront accorder « un congé exceptionnel » s‘ils ont été placés en quarantaine à leur retour rapporte l‘agence de presse officielle SPA. Quelques jours auparavant, Riyad avait déjà annoncé la suspension de certains vols à destination et en provenance de plusieurs pays dans lesquels s’est propagé le virus. Dont les États membres de l’Union européenne. Une mesure qui faisait alors suite à la suspension du petit pèlerinage musulman, la Omra. Les incertitudes sont donc grandissantes également quant à la tenue du grand pèlerinage du Hajj, le cinquième pilier de l‘islam, qui doit se dérouler entre la fin juillet et la fin août de cette année et qui attire des millions de fidèles. À ce jour, 86 cas positifs au Covid-19 ont été rapportés par les autorités saoudiennes. Un chiffre moindre à ceux de certains pays du Golfe comme le Qatar, mais qui pourrait considérablement augmenter dans les jours à venir. Nicolas Keraudren, Dubaï, RFI.

JCR : Un mot enfin de l'Iran, troisième pays le plus contaminé au monde avec plus de 12 000 cas. Les autorités ont annoncé 100 morts de plus aujourd'hui, ce qui porte le nombre total de décès à 611. Et puis au Sénégal où 22 personnes ont été contaminées, presque toutes les fêtes de l'Indépendance sont annulées comme toutes les autres manifestations publiques pour 30 jours, les écoles sont fermées. Le coronavirus, c'est aussi le thème du mot de la semaine avec Yvan Amar.

État d’urgence décrété aux États-Unis ; état d’alerte en Espagne ! Est-ce la même chose ? Les pays sont différents, donc les procédures, les façons de s’y prendre face à l’épidémie sont différentes. Et les mots aussi, même si l’un est traduit de l’anglais et l’autre de l’espagnol. Malgré tout, ils ont des correspondants en français qui sont proches.
Et l’urgence évoque d’abord le temps : ce qui est urgent, c’est ce qui ne supporte pas de retard, ce qu’il faut traiter tout de suite. Un pli urgent, c’est une lettre qu’il faut acheminer tout de suite, qu’il faut apporter sans tarder à son destinataire. Bien sûr le mot se module, il a des degrés : on parle de grande urgence, d’extrême urgence. On parle parfois d’urgence immédiate, ce qui est un pléonasme : c’est dire deux fois la même chose. Mais cette idée de temps déborde sur la nécessité d’agir : il ne faut pas tarder à quoi ? À prendre des mesures, à faire quelque chose, à lutter contre le danger.
Alors l’alerte ressemble à l’urgence avec pourtant des effets un peu différents. Etre en alerte. Cela signifie au départ : debout ! C’est-à-dire ne restez pas endormi, rendez-vous compte, soyez conscient du danger qui vous menace, et vous pourrez agir en conséquence ! Mais parfois le mot indique aussi qu’il ne s’agissait que d’une menace. Ça n’a été qu’une alerte ! Ce qui signifie que cette alerte n’a pas été suivie d’effet négatif. Une fausse alerte en fait ! Et cette expression est courante pour dire qu’on s’est alarmé qu’on s’est inquiété pour rien ! Sans réel motif.

JCR : Yvan Amar pour le mot de la semaine. C'est avec lui qu'on termine ce Journal en Français Facile. Merci de l'avoir suivi et merci à vous Aurélien !

AD : Merci Julien ! Bonsoir à toutes et à tous.

JCR : On se retrouve sur le site d’RFI Savoirs quand vous voulez !

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