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Journal en français facile 13/04/2022 20h00 GMT

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RFI
GUERRE EN UKRAINE : La ville de Marioupol sur le point de tomber ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : Bonjour et bienvenue dans le Journal en français facile.  

La ville de Marioupol sur le point de tomber. Selon les forces russes, plus de 1 000 combattants ukrainiens se sont rendus. La prise de cette ville serait décisive pour Moscou.  

Joe Biden annonce une nouvelle aide militaire massive pour l'Ukraine. Il s'agit d'aider le pays à faire face à l'offensive attendue dans l'est du pays. Le président américain, qui a pour la première fois parlé de génocide pour évoquer les atrocités commises par les russes pendant ce conflit. 

En France, la campagne électorale se poursuit en attendant le second tour de l'élection présidentielle. Aujourd'hui, Marine Le Pen a présenté son programme de politique étrangère. Le détail de ses propositions est à suivre dans ce journal.  

La mort d'un grand comédien français. Michel Bouquet est décédé, on l'a appris ce mercredi. Il avait joué dans une centaine de films, mais était aussi très connu pour ses prestations théâtrales. 

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AC : À Marioupol, les forces russes combattent les dernières poches de résistance ukrainienne. La prise de cette ville permettrait à Moscou de relier la Crimée, qui a été annexée, au Donbass et à la Russie. Moscou affirme qu'un millier de soldat ukrainiens se seraient rendus aujourd'hui. Oriane Verdier

Lundi déjà, la 36e brigade de la marine ukrainienne avait écrit sur les réseaux sociaux qu'elle s'apprêtait à mener l'ultime bataille, privée de munitions, sans ravitaillement depuis plus d'un mois. Ce matin, le ministère de la Défense russe a annoncé la reddition de 1 026 marins de cette même brigade. De son côté, un conseiller du président ukrainien, Oleksiy Arestovych a, lui, affirmé que certaines unités avaient réussi à rejoindre le bataillon Azov afin de renforcer le système de défense de Marioupol. Aucune des deux informations n'a pu être vérifiée. Les combats continuent également autour de l'usine d'Azovstal, cette fameuse zone industrielle dont les bâtiments sont reliés par des souterrains. Deux à trois mille soldats ukrainiens y seraient réfugiés, eux aussi privés de ravitaillement depuis plusieurs semaines. Les forces russes pourraient utiliser des gaz lacrymogènes mélangés avec des agents chimiques pour forcer les combattants à sortir des souterrains, selon le secrétaire d'État américain. Le bataillon d'Azov, acculé à la mer un peu plus à l'ouest, a déjà accusé les Russes d'avoir largué des substances empoisonnées provoquant des problèmes neurologique et respiratoire. 

AC : Joe Biden annonce, ce mercredi, une nouvelle aide militaire massive à l'Ukraine. Elle se montera à 800 millions de dollars. Les Américains vont notamment livrer des équipements lourds, mais aussi « des systèmes d'artillerie » et des « moyens de transport blindés ». L'objectif de cette nouvelle aide est, selon Washington, d'aider l'Ukraine à faire face à une vaste offensive russe sur l'est du pays. 

Joe Biden, qui a parlé de « génocide » pour qualifier les atrocités commises par la Russie en Ukraine. C’est la première fois qu’il utilise ce mot au sujet des actions russes. Le président américain a confirmé que c’était intentionnel, qu'il l'avait fait exprès. Et ce mercredi, la presse aux États-Unis a commenté cette escalade verbale. Christophe Paget

Pour le Washington Post, ce commentaire de Joe Biden est inattendu. Déjà parce que le président était venu parler en Iowa d'un tout autre sujet, son plan de baisse du prix du carburant. Et puis parce que, jusqu’ici, « son administration s’était bien gardée d’employer le mot génocide pour qualifier la guerre en Ukraine ». De manière générale, estime Politico, les États-Unis renâclent à employer ce terme : cela ne fait que trois semaines que l’administration Biden qualifie de génocide l’attaque des militaires en Birmanie contre la minorité rohingya, en 2016-2017. Joe Biden qui parle de génocide en Ukraine, c’est selon le Washington Post « le dernier exemple du président prenant, semble-t-il, de l’avance sur la Maison Blanche pour condamner Vladimir Poutine et la guerre en Ukraine » : c’était déjà le cas lorsqu’il a parlé du président russe comme d’un « criminel de guerre » à la mi-mars, ou encore lorsqu’il a semblé appeler de ses vœux un changement de régime à Moscou – pour ensuite revenir sur ses propos. Cette fois Joe Biden a précisé que « ce sont ses juristes qui, au final, décideront si on peut parler ou pas de génocide », précise The Hill, qui estime que, de toute manière, « ces commentaires vont probablement exacerber les tensions avec la Russie, déjà hautes après six semaines d’attaque militaire ». 

Moscou a qualifié d'inacceptable l'emploi de ce mot génocide par le président américain. Et ce soir c'est au tour du Premier ministre canadien d'employer ce terme. Justin Trudeau a aussi parlé de génocide pour évoquer les atrocités commises par les forces russes en Ukraine. Le président français, lui, s'y est refusé d'employer ce mot. Emmanuel Macron a mis en doute l'utilité d'une « escalade des mots » pour mettre fin à la guerre, il a estimé qu'il fallait « rester prudent » sur leur utilisation. Ce soir, le président ukrainien juge que ce refus d'Emmanuel Macron d'employer le terme de génocide est, je cite, « très blessant ».  

Le terrible bilan de pluies record en Afrique du Sud. Les inondations ont causé la mort de 260 morts dans l'est du pays. Les pluies ont atteint un niveau jamais enregistré depuis plus de 60 ans dans la région.  

Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi a présenté, mercredi, sa démission ainsi que celle du gouvernement. Elles ont été acceptées par le président Alassane Ouattara. Un remaniement ministériel était attendu depuis plusieurs mois en Côte d'Ivoire. L'exécutif veut mettre en place une équipe gouvernementale plus restreinte. 

En France, la campagne présidentielle se poursuit en vue du second tour. Marine Le Pen présentait, cet après-midi, son programme de politique étrangère lors d'une conférence de presse à Paris. La candidate a montré ses divergences avec Emmanuel Macron. Pierre Olivier

Pendant une heure et demi, Marine Le Pen fait les louanges d'une France plus indépendante et puissante sur la scène internationale. Pour se faire, elle prône le retour à une diplomatie secrète « efficace » en opposition à ce qu'elle nomme la diplomatie « bavarde » d'Emmanuel Macron. Moins de multilatéralisme, plus de bilatéralisme, comme par exemple avec le Liban, l'une de ses priorités, où l'on ne peut pas, tacle-t-elle, se contenter d'y passer en « homme pressé ». Attendue sur la question européenne, Marine Le Pen précise qu'elle ne veut pas sortir de l'UE, mais la réformer de l'intérieur, et critique l'ambiguïté que cherche à faire naître son adversaire sur le sujet. Elle l'assure, l'Allemagne restera un partenaire de choix, mais avec une nouvelle relation, loin du modèle « Macron/Merkel et de l'aveuglement français à l'égard de Berlin ». Sur la question russe enfin, Marine Le Pen dit souhaiter un rapprochement entre l'Otan et la Russie une fois la guerre en Ukraine terminée. Interrogée sur ses relations souvent décriées avec Vladimir Poutine, elle répond n'avoir « fait que défendre l'intérêt de la France » et maintenir le dialogue, avant de conclure qu'il y a sur ce point une « similitude entre sa position et celle d'Emmanuel Macron ». 

AC : La mort d'un géant français du théâtre et du cinéma. On a appris, ce mercredi, le décès de Michel Bouquet. Il avait 96 ans. Ce comédien a toujours affiché sa préférence pour le théâtre, même s'il s'est aussi illustré à l'affiche d'une centaine de films. Sophie Torlotin

Michel Bouquet aurait sans doute préféré mourir sur scène, comme son personnage fétiche de Ionesco, Le roi se meurt, pièce qu'il aura jouée plus de 800 fois. En 75 ans de carrière, ce monstre sacré du théâtre a mis son talent au service des auteurs : des contemporains comme Samuel Beckett, Albert Camus ou Harold Pinter, mais aussi des classiques, Diderot, Stringbergh et surtout Molière. Joueur infatigable et perfectionniste, le comédien mène aussi de front une carrière au cinéma. Sa voix posée, son phrasé impeccable, son regard espiègle ou inquiétant font merveille dans des rôles de notables ambigus, secrets et dévoyés des films de Claude Chabrol. Il tourne aussi sous la direction de François Truffaut, où campe un inoubliable inspecteur Javert dans Les Misérables de Robert Hossein. Mais l'un de ses rôles les plus marquants est celui de François Mitterrand dans Le promeneur du Champ-de-Mars. « Oui, c'est moi qui ai rédigé ce texte. » Robert Guédiguian expliquait en 2005 sur RFI pourquoi le président ne pouvait être que Michel Bouquet : « Bouquet a ce que j'appelle une théâtralité naturelle. C'est probablement ce qui l'empêché de jouer beaucoup de chauffeurs routiers ou de patrons de bistro. Sur scène, Bouquet a une aura, ce qu'on pourrait appeler dans un film pour incarner effectivement Mitterand, une majesté en fait. » Acteur intense, Michel Bouquet avait eu aussi à cœur de transmettre son art à des générations d'apprentis comédiens, élèves du Conservatoire. 

AC : Sophie Torlotin.

C'est la fin de ce Journal en français facile. Merci de l'avoir suivi. Vous pouvez le retrouver sur le site de RFI Savoirs.

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