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Jeter l'éponge

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Gillum jette l’éponge, DeSantis devient gouverneur de Floride apprenait-on hier. En effet, après un début de recompte des voix, qui suivait les premiers résultats des élections de mi-mandat, aux États-Unis, le candidat démocrate a reconnu sa défaite. Il l’a concédée disait-on sur RFI, ce qui montre bien qu’il la reconnaît, mais du bout des lèvres, et comme à regret : c’est l’écho porté par ce mot concéder. Mais il jette l’éponge. C’est-à-dire qu’il s’avoue vaincu, qu’il abandonne la lutte… en tout cas celle-là. Une expression bien française et très imagée, qui évoque une situation bien particulière. Et cette évocation nous vient du monde de la boxe. Jadis, entre deux reprises, les soigneurs étanchaient la sueur, et le cas échéant, un peu de sang, du visage des boxeurs, pour les rafraîchir, et les aider à repartir au combat, avec une éponge, mouillée d’eau, parfois légèrement vinaigrée. Jeter l’éponge signifie donc que le combattant refuse le soin, et décide par là même de ne pas reprendre le match. Est-ce lui qui jette l’éponge ? Il l’écarte plutôt, mais on peut imaginer que dans un geste de dépit, il la jette pour de bon. En tout cas c’est la formule qui a été retenue, tout à fait démotivée aujourd’hui. C’est-à-dire que la référence au ring n’est plus sentie quand on entend cette phrase, d’ailleurs calquée sur son équivalent anglais. Et on jette l’éponge, quand dans une situation de lutte, ou devant un défi à relever, on quitte la partie. Tout le monde sait ce qu’est une éponge, cet objet qui sert à absorber des liquides, en général pour nettoyer. Mais l’action a fait naître des locutions diverses, aux sens très différents. Et la plus courante est certainement passer l’éponge. Au sens propre éponger, c’est enlever les traces, les taches, sur une surface plane la plupart du temps : on éponge une table, on enlève les miettes et les gouttes diverses : on la rend donc propre. Et on retrouve le résultat de ce geste quand on efface les résultats d’une mauvaise action : on les oublie, on fait comme si rien ne s’était passé. Cela s’emploie souvent dans des rapports humains : il ne s’agit pas vraiment du pardon : c’est plus psychologique que moral. Mais c’est qu’on supprime jusqu’au souvenir d’une action ou d’un mot qui vous a blessé, d’une faute, d’un manquement quelconque. Et on repart comme si de rien n’était. Donc, en principe, pas de rancune, pas de mauvais souvenirs.

Quant au verbe éponger, il peut avoir un sens un peu voisin, mais dans un contexte qui n’est pas moral du tout, et plutôt économique ou financier : on éponge ses dettes quand on les solde. On parle aussi d’éponger un déficit avec le même sens.

En revanche si l’on dit de quelqu’un qu’il voit comme une éponge, ou même qu’il est imbibé comme une éponge, c’est qu’il a abusé de l’alcool ! 

Avertissement !

Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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