#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Gouvernement

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Qui dit nouveau Premier ministre, dit nouveau gouvernement. Et en effet on sait que la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre est logiquement, presque mécaniquement suivie de l’annonce du nouveau gouvernement : on rend publique sa constitution, c’est-à-dire le nom de ceux et celles qui vont le constituer. Remaniement ou nouveau gouvernement ? Les deux expressions s’entendent alors que parfois on n’entend parler que de remaniement. Mais c’est dans le cas où le remaniement n’est pas très important, où seuls quelques noms se substituent à d’autres, où le chef d’équipe ne change pas. Dans la situation présente, ce mot de remaniement se fait plus discret car le changement est plus important.

Un nouveau gouvernement soit, mais qu’est-ce que c‘est exactement qu’un gouvernement ? Celui dont on parle aujourd’hui est tout à fait concret : l’ensemble de l’équipe qui va faire appliquer une politique dont l’orientation est décidée par le président de la République : le gouvernement, c’est donc l’ensemble des ministres et des Secrétaires d’Etat, qu’on connaitra un peu plus tard. Avec leurs équipes, leurs conseillers ? A peine ! C’est vraiment l’équipe des têtes, des décideurs. Et le mot est très politique : parle-t-on de gouvernement d’une grande société, d’un service public ? Parfois mais par extension ; ce n’est pas si fréquent Ou alors par plaisanterie, un peu vieillie d’ailleurs : « Je dois en référer à mon gouvernement… » dit le mari qui aimerait boire un verre avec ses amis, mais qui doit d’abord demander l’avis ou l’autorisation de sa femme.

Mais il se trouve que ce mot a aussi un sens très fréquent mais abstrait : non pas les personnes qui gouvernent mais les décisions prises, et la façon de gouverner. La gouvernance alors ? Oui et non ! Le mot s’est spécialisé dans un français fort ancien, pour désigner des baillages, des administrations provinciales du nord de la France : en Artois et en Flandre. Cet usage, bien longtemps après, se retrouve en Afrique de l’Ouest, et surtout au Sénégal, sous l’impulsion de Senghor. Mais on aurait tort de n’y voir qu’une importation d’un vieux mot français : cela correspond à une certaine créativité linguistique qui va avec cette nouveauté des indépendances : il faut nommer de nouvelles réalités qui apparaissent. On parle donc de primature, pour désigner l’autorité, puis les services du Premier ministre, en s’appuyant sur le mot primat qui contient cette idée de « premier ». Et on parle de gouvernance pour la fonction du gouverneur, et même parfois pour le bâtiment qui abrite ses bureaux.

Mais le sens du mot va dériver : la gouvernance n’est plus seulement le fait de gouverner, mais plus encore la façon de le faire : on n’est pas loin donc d’un style de gouvernement ce qui fait qu’on parlera de plus en plus de bonne gouvernance.

L’expression est toujours positive, en même temps qu’elle est souvent utopique ! Il s’agit d’une façon de gouverner démocratique, qui ne cède pas aux séductions du pouvoir absolu, arbitraire, solitaire. Comme on sait que la plupart des pays d’Afrique ont connu dans les premiers temps des indépendances des pouvoirs forts et qui s’accommodaient mal de la concurrence, de la libre expression, de la coexistence des sensibilités, la bonne gouvernance a souvent représenté une image d’un pouvoir vertueux, équitable et efficace qu’on appelait de ses vœux faute de l’observer au quotidien. Le mot fait partie des discours qui en réclament davantage de pratiques démocratiques en Afrique.

Mais on voit que le mot essaime, et que maintenant, de plus en plus, on l’entend à propos des pratiques économiques internationales, qui dépassent les états. Et parler de gouvernance voire de bonne gouvernance, c’set exiger une régulation des mécanismes commerciaux, boursiers et bancaires.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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