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ENA

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La suppression de l’ENA se rapproche ! On sait que cette école française va disparaitre. À la place, on aura un ISP, un Institut de service public. À la place vraiment ? Presque ! Il faut bien proposer quelque chose à ceux qui visaient cette école et se proposent d’entrer dans la haute administration française. Mais les images sont différentes. Et les noms ! C’en est donc (presque) fini de l’ENA, École nationale d’administration. À la place, on met un institut. Ce mot institut convient probablement bien à ce type de structure ; il n’est pas du tout dévalorisant. On a bien un Institut d’études politiques, qu’on appelle familièrement Sciences Po (pour sciences politiques) qui amène bien souvent à ce genre d’études. Mais un institut n’est pas une école. Et l’ENA était précisément le symbole des « grandes écoles » qui sont bien souvent mises en cause aujourd’hui : on se méfie de ce prestige de la grande école. Et l’ENA, c’est l’acronyme, c’est à dire la suite d’initiales prononcées comme un mot, de l’École nationale d’administration. Qui est devenue assez vite le symbole des grandes écoles françaises : concours très difficile pour y rentrer, sélection extrême, position de pouvoir assurée à la sortie… L’ENA forme comme on dit « l’élite de la nation », les hauts fonctionnaires de l’administration. Il y a un concours pour y entrer, et un classement pour en sortir, si bien que, selon son rang de sortie, on intègre le Conseil d’État, la Cour des comptes, l’Inspection des finances, les corps consulaires, etc. On est donc censé faire tourner les rouages principaux de l’État. Un Institut de service public a déjà une allure plus modeste. 

On peut remarquer que la Ve République a connu quatre présidents qui sortaient de l’ENA. Giscard d’Estaing, Chirac, Hollande, Macron sont énarques. Le grand mot est lâché : énarque ! C’est ainsi qu’on appelle ceux qui sont passés par l’ENA. Le mot a été formé très simplement sur ENA, mais avec un jeu de mots qui plane au-dessus de sa formation : le mot se termine par la syllabe –arque qui évoque le pouvoir et le commandement. Monarchie donne monarque (le pouvoir d’un seul –monos). Oligarchie donne oligarque (le pouvoir de quelques uns), ENA donne donc énarque, mot qui se glisse dans la même série. Ce qui permet d’ailleurs de mieux comprendre son sens : il ne s’agit pas comme on pourrait le penser des étudiants qui appartiennent à cette école, mais de ceux qui en sont sortis, et qui exerçant le pouvoir, sont ainsi qualifiés. Ainsi ne dira-t-on pas qu'Emmanuel Macron est un ancien énarque : c’est encore un énarque, il l’est toujours ! 

Et les énarques n’ont pas toujours bonne réputation : on les considère souvent comme des intellectuels, des théoriciens en tout cas. De ceux qui ont de la méthode, mais qui travaillent sur dossier, et n’ont pas la pratique du terrain. C’est à dire des réalités concrètes et matérielles. Il dirige une compagnie d’aviation sans trop savoir ce qu’est un avion, un pilote ; ou une compagnie de transports publics sans prendre le métro. Et on se moque facilement de lui de son arrogance supposée et de son manque de pratique. Et c’est probablement l’une des raisons qui fait qu’on va se débarrasser de cette école.

Dossier L'ENA, la « fabrique » des hauts fonctionnaires

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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