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Égérie

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Greta Thunberg en France, et c’est la classe politique française qui est en émoi à l’arrivée de cette jeune fille, porte-parole de la lutte contre le réchauffement climatique : égérie de la lutte contre le changement climatique.

C’est ainsi qu’elle est nommée sur RFI : « égérie ». Et on voit bien que le mot n’est pas péjoratif, puisque c’est dans un article assez admiratif de la trempe de cette jeune fille qu’on le trouve.

Égérie est un mot qui représente toujours une femme. Une femme qui appartient à un groupe, qui se reconnait en elle. Représentative, une femme qui est comme un symbole à la fois d’un d’une réunion de personnes et d’un combat, d’une action, ou parfois d’un mouvement esthétique.

On vient de la voir le mot est positif. Échappe-t-il totalement au machisme dont la langue est coutumière ? Au départ à moitié : l’égérie est souvent la seule figure féminine dans un groupe d’hommes. Et en filigrane, on imagine souvent un rapport un peu amoureux, même s’il est chaste et respectueux, de tous les garçons envers la seule fille. C’est la chanteuse de l’orchestre par exemple. Et on pense à l’expression figure de proue qui peut avoir un peu la même fonction. Une figure de proue, au sens propre, est la sculpture en bois en général qui est fixée à l’avant d’un bateau, et qui représente le plus souvent une femme, sa tête, et parfois son torse aux seins nus. Mais cette formule a échappé à sa représentation uniquement féminine, et on peut parler d’une figure de proue à propos d’un homme : le porte-parole flamboyant, qui se fait remarquer.

Et, il peut arriver que notre mot égérie puisse être utilisé avec un sens différent : un homme seul peut avoir son égérie. C’est plus rare, mais ça s’entend, et cela fait référence plus directement à l’origine du mot.

Nous voilà replongés dans la mythologie, puisqu’Égérie était le nom de la femme ou de la maitresse du roi Numa Pompilius. Nous sommes dans ces temps légendaires des premiers rois de Rome et on raconte que ce deuxième roi de Rome venait secrètement et de nuit retrouver sa belle Égérie, avec qui il avait un rapport amoureux, mais politique : c’était sa conseillère secrète, notamment en matière de politique religieuse.

On n’est donc pas très loin de la muse. Là aussi origine mythologique. Les neuf muses, dirigées par Apollon, sont les divinités qui règnent sur les arts - et au-delà, celles dont on dit qu’elles inspirent les artistes. La muse est donc l’inspiratrice, pas forcément l’amante, mais celle qui met le créateur en relation avec une inspiration qui vient de loin, peut-être de l’au-delà. Et là encore, on va retrouver une différence des sexes bien révélatrice : l’homme créateur et la femme, dans l’ombre, qui lui donne le moyen de créer.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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