#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Éco

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Alassane Ouattara l’a donc annoncé officiellement, le franc CFA d’Afrique de l’Ouest est appelé à disparaitre et va être remplacé par l’éco. Nouvelle monnaie, nouveau nom, même si dans un premier temps la valeur de cette unité n’est pas destinée à changer.
Le choix d’un nom pour une monnaie est difficile, et important ; la symbolique est forte. Et il est évident qu’une monnaie qui s’appelle le franc rappelle encore dans son énoncé la présence du vieil état colonialiste, même si l’indépendance a bientôt soixante ans.
Alors l’éco a quelques atouts, et on peut voir ce qu’il évoque.

Lorsqu’on cherchait un nom pour la monnaie européenne, l’euro qui a un peu moins de vingt ans, on avait d’abord pensé à l’écu. Ça a d’ailleurs été le nom d’une monnaie virtuelle, utilisée dans certaines comptabilités européennes, et qui a été abandonné pour plusieurs raisons : l’écu avait déjà été une monnaie française sous l’ancien régime. Et pour les oreilles des francophones, elle avait probablement une dernière syllabe qui prêtait trop aux plaisanteries : en français, on dit qu’on ne badine pas avec l’amour ; avec l’écu c’est différent.

Alors l’éco africain qui fera suivre au franc CFA, évite ce problème : l’éco, pas l’écu ! Et d’ailleurs même si son entrée en vigueur va être une nouveauté, cela fait bien longtemps qu’on en parle et que ce nom est prononcé.
Il peut être senti comme une abréviation d’économie : ça le place bien au cœur de sa fonction puisque la monnaie sert de carburant au moteur de l’économie.

Mais ce préfixe éco a une histoire récente extrêmement riche : ce n’est pas simplement un diminutif d’économie, comme dans sciences éco par exemple. Mais c’est le début du mot écologie ! Un terme et une idée extrêmement positifs en ce moment, qui évoquent d’abord le souci de l’environnement. Mais cette préoccupation est souvent liée à une idée de méfiance par rapport au gâchis, à la consommation sans frein ni contrôle.

Enfin, le mot évoque aussi son homonyme, écot, vieux mot français qui n’est plus utilisé que dans l’expression « payer son écot ». Lorsque par exemple on a partagé un repas au restaurant, que vient le moment de l’addition et qu’il faut régler… Payer son écot, c’est payer sa part, avec cette idée qu’on va payer en proportion de ce qu’on a consommé. Il y a donc l’idée d’une juste contribution. Elle est peut-être éloignée de l’usage du nom d’une monnaie, mais elle reste présente dans l’inconscient du mot. Oserait-on dire qu’elle fait partie de ses échos… ?

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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