#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Destitution et impeachment

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On s’y attendait mais c’est maintenant officiel : une deuxième demande de destitution a été lancée contre Donald Trump. Une deuxième demande d’impeachment. J’emploie ces deux mots, destitution et impeachment, car pour nommer un même processus, ce sont ceux qu’on entend et qu’on lit à travers les médias francophones. Mais pas de manière égale. On parle le plus souvent de destitution, la traduction française s’est imposée très majoritairement même si le mot anglais apparait encore.

Cette procédure d’impeachment est une particularité du droit constitutionnel anglo-saxon, et spécialement de la constitution des Etats-Unis. Le fait qu’elle n’ait pas d’équivalent exact en France fait comprendre ce recours au terme étranger. Elle peut s’appliquer à l’encontre d’un certain nombre de hauts fonctionnaires de l’état. Mais lorsqu’il s’agit du président, l’affaire devient importante, et on en parle tout autour de la planète. C’est bien ce qui explique que ce mot soit parfois choisi par la presse. C’est donc en 1974, et à propos de Richard Nixon, alors président en difficulté, et qui a fini par démissionner avant que la procédure n’arrive à son terme, qu’on a couramment entendu ce mot sur les médias francophones. Puis de nouveau en 1998 contre Bill Clinton ; en 2020 contre Donald Trump et de nouveau en 2021 contre le même Trump.

Au fur et à mesure que ces actions se répètent, le public en est plus familier. Et le mot français s’impose. On voit bien pourtant qu’impeachment, même si sa prononciation est très peu francophone, est un mot évocateur : c’est bien d’un empêchement qu’il est question. Mais l’idée telle qu’elle apparait en français n’est pas a priori humiliante ou dégradante. C’est bien différent en ce qui concerne la destitution qui évoque une sanction cinglante. Destituer quelqu’un c’est le priver de sa charge, de sa fonction, non pas parce qu’il a été incompétent, mais en punition d’une faute qu’il a commise : le mot a une portée morale évidente. Le verbe destituere dont il dérive signifie au départ isoler, ou abandonner. Mais la représentation évoquée par le mot français fait bien plus penser à un mouvement du haut en bas, comme si on avait fait tomber l’accusé de son piédestal, comme si on l’avait privé de la hauteur de sa charge pour le mettre à terre.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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