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Dérogation

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Ceux et celles qui résident en France sont donc confinés ! C’est-à-dire plus ou moins assignés à résidence : Qu’ils restent chez eux pour éviter ou en tout cas minimiser la transmission du virus. Pourtant ce confinement n’est pas absolu, et on peut quand même sortir de chez soi, si l’on a une bonne raison. Mais on ne sort pas sans avoir au préalable (c’est-à-dire avant de sortir !) rempli un papier qui sert plus ou moins de sauf-conduit, de pièce officielle autorisant cette sortie. Et l’on peut quitter son domicile pour plusieurs raisons : on va travailler si on y est autorisé, on sort pour raison médicale, pour s’aérer, seul et en temps limité, ou encore pour faire des achats de premières nécessités, car il faut bien manger ! Et ce document, ce Sésame est appelé attestation dérogatoire. Dérogatoire ! En voilà un mot bien barbare ! C’est-à-dire que c’est une dérogation, ce qui se rapproche d’une exception. On n’a pas le droit de sortir sauf… dans certains cas, ou pour certaines personnes. Il y a une interdiction générale, avec des cas particuliers pour des raisons particulières. C’est bien ça une dérogation : le fait d’échapper à la règle pour une raison valable. Il s’agit donc d’une réserve exceptionnelle, qui signifie qu’on peut déroger à la règle. C’est d’ailleurs ce qu’on peut demander à l’autorité. Par exemple si l’on n’a pas le droit de se présenter à un examen avant tel âge, mais qu’on a fait des études particulièrement brillantes : on peut demander une dérogation pour participer quand même à l’épreuve. Ou pour se marier avant l’âge légal etc. Il s’agit donc de demander à bénéficier d’une permission exceptionnelle et motivée.
Et le verbe, même s’il est d’un emploi peu courant, existe : on dit qu’on déroge à la règle, c’est-à-dire qu’on s’y soustrait, qu’on la contourne, mais qu’on a obtenu le droit de le faire.
À l’inverse, le verbe déroger à un autre usage assez différent, et a priori condamnable. On dit qu’on déroge quand on ne se conduit pas comme on devrait, par rapport à sa situation sociale. Notamment, le mot était en usage sous l’Ancien Régime, pour désigner et même montrer du doigt des nobles qui faisaient ce qu’ils n’auraient pas dû. En particulier travailler ! Le travail était lié, dans la mentalité de l’époque, au Tiers-Etat. Les deux autres classes, la noblesse et le clergé, ne devaient pas travailler. Les ecclésiastiques se devaient à leur sacerdoce, ce qui n’était pas considéré comme un travail. Quant à la noblesse, au départ en tout cas, elle existait pour protéger ceux qu’elle avait sur ses terres. Et le travail leur était interdit : tout juste avaient-ils le droit de souffler le verre. Mais cette idée de travail était liée à celle du travail de la terre (pour les paysans, et les serfs) ou au commerce, plus mal considéré encore. Si les nobles s’y livraient, on disait qu’ils dérogeaient, et que donc ils n’étaient plus dignes de leur qualité d’aristocrate.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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