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Décolonial

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les mouvements décoloniaux, les études décoloniales, la pensée décoloniale… voilà des expressions qu’on entend assez souvent aujourd’hui, d’autant plus que les manifestations contre le racisme et les manifestations racistes de diverses forces de l’ordre s’étendent. Mais qu’est-ce que c’est que ça, la pensée décoloniale ? C’est encore un concept flou, dont les contours théoriques sont changeants, et qui incarne des attitudes assez radicales face aux pouvoirs blancs en place. On sait bien pourtant ce qu’on a appelé la décolonisation : l’indépendance d’un certain nombre de pays colonisés par des nations européennes, autour des années 60. À la suite d’une acceptation par les pays colonisateurs, mais surtout à la suite de mouvements et de luttes pour l’indépendance.

Donc on décolonise, c’est-à-dire qu’on met fin à l’état de colonisation. Longtemps après on entend parler d’études post-coloniales, qui se penchent sur le devenir de ces pays récemment indépendants. Si l’on parle aujourd’hui d’études décoloniales, c’est pour indiquer un parti pris un peu différent. Comme s’il fallait réfléchir à l’emprise qu’exercent encore, sur les esprits et sur les économies, les dizaines d’années de colonialisme. Il s’agirait en gros de décoloniser les esprits, et de se séparer et d’analyser une sorte de néo-colonialisme. Ainsi appelle-t-on les relations qui existent encore entre les anciennes puissances coloniales et les anciennes colonies, si l’on veut souligner qu’une certaine dépendance des unes par rapport aux autres existe encore, de façon indirecte. Le mot décolonie, on l’entend, mais il ne fait pas encore partie d’un vocabulaire officiel, il ne figure pas dans tous les dictionnaires, il est encore très marqué par un militantisme, une orientation politique de ceux qui l’emploient.

Mais il est intéressant par sa formation qui en dit beaucoup sur son sens : dé-colonie. Comme s’il fallait extirper de nos modes de pensée ce qui s’y est enraciné depuis des dizaines d’années. Comme si un mouvement vers une certaine indépendance était encore à l’œuvre, n’était pas achevé. Un mouvement qui s’oppose bien sûr aux forces anciennement favorables à la colonisation, mais aussi à celles qui s’y sont opposées jusqu’à maintenant. Ainsi les mouvements antiracistes traditionnels sont-ils souvent assez mal vus par les mouvances décoloniales. Parce qu’elles sont inefficaces ou trop faibles ? Pas seulement. Peut-être aussi parce qu’elles se situent souvent sur un terrain moral, alors que les décoloniaux favorisent une pensée politique, militante et même activiste et brutale. Ce qui va de pair avec cette idée que la décolonisation n’est pas achevée, et qu’ils veulent se jeter dans une bataille violente, sur le terrain des anciennes colonies, mais aussi, et peut-être surtout des anciens états colonisateurs.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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