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Débouler

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’imprévisible « Boris » déboule à Downing Street. Titre de RFI pour annoncer l’arrivée de Boris Johnson à la fonction de Premier ministre britannique. Un titre qui n’est pas neutre, et veut donner la couleur particulière de cette prise de fonction, liée à la personnalité du nouvel arrivant. La phrase est donc un peu familière comme sait l’être Boris Johnson, connu pour bouleverser les protocoles et ne pas adopter bien souvent le langage habituel dans les milieux policés de la politique.

Alors on nous dit qu’il est imprévisible, on l’appelle Boris, prénom relativement peu courant, en français comme en anglais, et qui a gardé une marque sensible de son origine slave. Mais surtout, on nous dit qu’il déboule à Downing Street. Le lieu indiqué renforce l’incongruité de l’action : Downing Street, c’est l’adresse des bureaux du Premier ministre, comme Matignon en France. L’adresse représente bien souvent le pouvoir lui-même. Et la réputation de flegme des Britanniques est toujours plus ou moins d’actualité. Donc a priori, Downing Street n’est pas un endroit où l’on « déboule » !

Débouler, c’est-à-dire d’abord arriver de façon brusque : c’est la première nuance qui s’attache au mot. Et par conséquent, lorsqu’on déboule quelque part, on en perturbe l’ordre et l’atmosphère : on a bien l’idée qu’on chamboule un peu tout ! On entend bien que le mot est construit à partir de boule. L’un des premiers sens évoque donc celle qui roule, et arrive là où ça n’était pas prévu. L’image qui vient aussitôt à l’esprit, c’est celle du jeu de quilles. Une boule lancée avec adresse vient toutes les faire tomber ! Mais il faut qu’elle soit lancée assez fort : la violence n’est pas absente de l’expression. Désordre et impétuosité donc. Mais aussi bien souvent surprise : on ne s’y attendait pas ! Ce qui n’est pas vraiment le cas pour l’accession au pouvoir de Boris Johnson !

C’est que l’image de la boule est souvent liée au mouvement qu’elle peut suivre : elle roule sur elle-même, peut dévaler une pente. Souvent le verbe débouler n’est pas bien loin de celui, familier aussi, de dégringoler. Et un éboulement, sans aucune nuance familière cette fois-ci, est une chute de pierres, qui s’éparpillent pour former un éboulis.

Quel autre verbe aurait-on pu attendre ? Débarquer ! L’image de départ n’est pas la même, mais les échos sont proches. Au départ, on débarque d’un bateau (d’une barque…) et on aborde la terre ferme. Mais c’est souvent un équivalent d’arriver sans prévenir, avec parfois l’idée qu’on s’impose. Et d’ailleurs, il arrive souvent qu’on en rajoute un peu en précisant « débarquer à l’improviste ». Pléonasme ? Peut-être… Mais comme la formule appartient à la langue parlée, et très légèrement débraillée, on ne s’en offusque pas, et c’est à peine si on le remarque !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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