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Cordillère

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La Cordillère des Songes ! C’est le nom d’un film chilien dont on parle en ce moment puisqu’il sort aujourd’hui en France. Un film sur la mémoire et le Chili… Son titre même évoque bien son origine : la Cordillère des Songes évoque immanquablement celle des Andes, grande chaîne de montagnes d’Amérique du Sud, qui court en particulier du nord au sud du Chili.

Pourquoi cordillère ? Le mot évidemment évoque une cordelette, quelque chose de long et d’étroit, de fin en tout cas, qui peut serpenter. C’est bien l’image de la corde ou de la cordelette qui est à l’œuvre. Mais une cordillère n’est pas une cordelette, même si les deux mots dérivent de la même origine. Attention à la prononciation et à l’orthographe du mot : elles ne se correspondent pas vraiment ! on dit bien « cordillière » ! les deux « l » ne se prononcent pas à la française, comme un « i » dit mouillé, comme un yod dirait les spécialistes de phonétique. Pourquoi ? Difficile à dire, mais c’est un souvenir probable de l’origine hispanique du mot. D’ailleurs le mot cordillère en français ne se trouve que dans ce sens : il s’agit d’une chaîne de montagnes, et située en Amérique latine (une seule exception : la Nouvelle-Guinée…) Une chaîne, une corde… On voit que l’image est sensiblement la même : il s’agit d’un étirement fait d’éléments attachés les uns aux autres, ou d’un tressage. Une petite corde alors ? Non ! Plutôt une grande corde !

Et on voit que ce mot est une mère de famille nombreuse ! À partir de la corde, on trouve le cordage : une corde qu’on ne trouve pratiquement que sur les bateaux. On sait combien ces objets sont indispensables à la marine, et surtout à la marine à voile. Et comme les marins sont des gens précis, à chaque corde son nom. Et comme les marins sont superstitieux, il est formellement déconseillé, à bord de parler de corde : c’est censé porter malheur ! Chacune sera donc appelée par son petit nom. À la grande rigueur, si l’on n’est pas très sûr de soi, parlera-t-on de bout ! Mais la corde ne peut désigner que celle qui tire la cloche qui appelle au repas, ou qui salue la mémoire d’un mort, ou encore celle qui sert à pendre les mutins !

On a aussi le cordon, une petite corde qui en général sert de lacet. On parle ainsi des cordons de la bourse. Instrument indispensable qui permet de fermer, ou mieux encore d’ouvrir la bourse. Celui ou celle qui tient les cordons de la bourse est donc la personne qui dispense ou pas de l’argent.

Et le cordeau alors ? Il s’agit en général d’une petite corde tirée entre deux oints. Ce qui évoque l’idée d’une ligne droite. On parlera donc d’un agencement au cordeau, ou d’une pelouse, d’un jardin taillé au cordeau pour évoquer la précision de l’agencement.

Quant à la cordée, elle évoque plus les gens qui sont attachés que l’attache elle-même. C’est un mot d’alpiniste pour désigner tous ceux qui se sont encordés, qui se sont attachés à la même corde avant d’entreprendre une ascension périlleuse.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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