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Clean

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le Congrès de l’Union Internationale pour la conservation de la nature vient de s’achever: RFI s’en est fait l’écho dans ses informations comme dans le magazine C’est pas du vent ! On a donc appris que le Parc National des Calanques, admirable site méditerranéen était menacé par des déchets de toute sorte. On réagit, et c’est tant mieux. Mais comment réagit-on ? Une association s’évertue à débarrasser cet espace d’une pollution monumentale qu’on pourrait éviter si l’on était plus civique et plus respectueux de l’environnement. Là encore, on applaudit. Et comment s’appelle-t-elle cette association. Clean my calanques ! Autant son action mérite respect et soutien, autant le nom qu’elle s’est donné est consternant ! On a beau ne pas être trop radical, ne pas condamner par principe tous les anglicismes, là… c’est difficilement explicable. La pollution linguistique n’est pas comparable à la pollution concrète, matérielle du littoral, c’est vrai. Mais quand même Clean my calanques…! Il est fort peu probable que le nom de cette association et son style fassent beaucoup pour la rendre plus populaire, plus moderne, plus actuelle, même si c’est le but recherché. Du snobisme ? À peine probablement; un réflexe d’époque.

Alors pourquoi se gendarmer à ce point ? C’est qu’il ne s’agit pas d’un emprunt, d’un simple anglicisme, mais de tout une tournure de phrase qui se veut anglaise: on utilise clean comme verbe, comme si c’était un impératif. Et on le fait suivre d’un possessif en anglais: my. Et ensuite, on met le mot français et même régional, calanque. Ce qui nous donne un salmigondis inconcevable et une phrase stupéfiante car l’influence anglaise est syntaxique, grammaticale, et non seulement lexicale, au niveau du vocabulaire.

Les anglicismes lexicaux, les emprunts de mots, même s’ils sont sujets à une certaine mode, même si on peut essayer de les éviter, sont bien moins inquiétants.

L’adjectif clean, en vogue depuis quelques dizaines d’années, nous est familier. Les dictionnaires usuels évaluent son arrivée dans notre langue vers la fin des années 70, avec plusieurs sens différents. On sait que clean, est en général traduit par propre. Et on l’emploie souvent avec une nuance particulière: net, sans bavure, sans à peu près, sans débraillé. Et cela peut s’appliquer à une allure, une tenue vestimentaire, l’apparence d’un appartement par exemple. Ou même un style : un essai, un mémoire, une musique peuvent être qualifiés de clean. Le mot est-il positif ? Pas toujours absolument. Si c’est trop clean, on sous-entend que c’est sans âme, sans atmosphère… Et le terme a également acquis une autre série de sens, plus moral: quelqu’un qui est clean n’a rien à se reprocher au regard de la loi; il n’a pas trempé dans de sales affaires.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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