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Bis

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un nouveau confinement ! Un reconfinement ! Voilà ce qu’on entend aujourd’hui en France après les annonces officielles faites hier. Un confinement bis ! C’est aussi la formule qui court ici et là, et qui est assez conforme à la vérité. Car un confinement bis n’est pas forcément la répétition à l’identique de ce qui a déjà été imposé au mois de mars. Et en effet les modalités ne sont pas les mêmes.

Alors quel est ce mot, bis ? Un mot particulier. Français, c’est certain, et pourtant emprunté au latin sans changement. Et on voit bien que ce mot invariable n’a pas une physionomie très française, avec son « s » final qui se prononce. Et d’ailleurs son emprunt en français est relativement tardif : autour du début du 18ème siècle. C’est bien jeune pour un mot !  

Quel genre de terme est-ce là ? Les dictionnaires nous le présentent comme un adverbe, c’est-à-dire un mot invariable qui modifie le sens d’un autre : d’un adjectif, d’un verbe ou d’un autre adverbe. Cela correspond bien à certains usages. Le plus connu étant lié à la numérotation des maisons dans une rue : une habitation peut avoir le numéro 11. Si l’on scinde le terrain en deux et qu’on construit deux maisons, on pourra les numéroter 11 et 11 bis, sachant qu’ainsi, on ne modifiera pas la numérotation du 13 qui est à côté. Et cela correspond assez bien au sens du mot latin : deux fois. De même qu’on parlera du 11 ter si on bâtit trois édifices.

Ce qui est étrange, c’est qu’on peut, dans un français légèrement familier, plutôt moderne, utiliser bis à côté d’un nom ; un confinement bis !

Ce terme a aussi un sens particulier en musique : le bis, c’est au départ le morceau qu’on va jouer deux fois, qu’on va rejouer, une fois le répertoire terminé, pour faire plaisir au public, s’il le demande. Et ce sens s’est si bien ancré qu’il a même réussi à s’étendre : on parle très couramment d’un bis pour un dernier morceau, joué en plus du concert proprement dit, même si ce n’est pas la reprise d’une pièce déjà exécutée : un petit dessert supplémentaire offert à l’assistance si elle applaudit assez fort, si elle en redemande. Et on parle même d’un artiste qui fait trois ou quatre bis pour plaire à son public enthousiaste.

Il faut enfin signaler la citation bien latine cette fois bis repetita !

Une formule ironique, qui le plus souvent indique soit un agacement soit une moquerie devant quelque chose qui se répète : on recommence ! Et encore une fois ! Et on indique cela par cette phrase tronquée, puisque, pour être complet, il faudrait dire bis repetita placent, c’est-à-dire les choses répétées, faites deux fois, plaisent !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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