#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Barrage

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le barrage Renaissance avance ! Les discussions se débloquent entre les autorités éthiopiennes, soudanaises et égyptiennes, qui sont concernées par ce projet de construction sur le Nil.

Mais qu’est-ce donc qu’un barrage ? À l’évidence, c’est fait pour barrer, notamment un cours d’eau. Pour le stopper, l’arrêter, de manière qu’on puisse domestiquer et utiliser la force colossale du poids de l’eau retenue. On fabrique ainsi ce qu’on appelle de l’énergie hydroélectrique, puisque le préfixe hydro évoque l’eau.

Ce verbe barrer s’applique volontiers lorsqu’on coupe et même qu’on interdit un passage. On parlait, par exemple, jadis de barrer une porte (on le dit encore dans certaines portions de la francophonie). Comme si on entravait son ouverture en fixant une barre en travers. Et bien sûr, on pense spontanément à une autre formule qui a un peu le même sens, un peu plus fort néanmoins : se barricader.

De même, on parle d’une route barrée lorsqu’on qu’on y a interdit le passage. Et on parle bien souvent de barrer la route… L’expression d’ailleurs s’utilise plutôt dans un emploi figuré. En particulier en politique, avec un accent à la fois énergique et vertueux : on parle de barrer la route à telle idéologie ou à tel parti. C’est-à-dire qu’on veut les empêcher d’avancer, de se développer et surtout de parvenir au pouvoir.

Barrer c’est donc au départ stopper, arrêter, empêcher le mouvement.

Alors, comment expliquer que, dans un langage familier et argotique, le verbe barrer ait un sens absolument contraire ? Car se barrer, c’est aussi s’en aller, partir et même souvent partir vite, pour échapper à un danger quelconque.

Il faut se souvenir que la barre désigne aussi le gouvernail d’un bateau, qui permet de le diriger.

« On est mal barrés » signifie donc au départ « on est mal pilotés », donc mal conduits. Ce qui est encore le sens de la phrase populaire (mais pas vraiment vulgaire) : nous voilà mal partis !

Enfin, et toujours dans une langue familière d’aujourd’hui, « il est barré » veut dire « il est loin de son esprit d’origine, de son bon sens, il est foufou, il est cinglé ».

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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