#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Azimut

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Enquête tous azimuts après l’attentat de Strasbourg. Le sens, on le devine, même si on connaît mal ce mot d’azimut : l’enquête ne négligera aucune piste, aucune possibilité. Elle va se déployer dans toutes les directions et envisager tous les scénarios. Tous azimuts : une expression toute faite, sans article (on ne dit pas dans tous les azimuts), mais qui repose sur un mot peu usité, quand on ne le trouve pas dans cette locution. L’azimut est un mot qui nous vient de la géométrie arabe, et même du vocabulaire de l’orientation. Et il est de la même famille qu’un autre mot français de la même origine : zénith. Et comme le zénith, l’azimut représente un point de l’horizon, au plus lointain où nous porte le regard ou l’investigation. Tous les azimuts représenteraient donc l’espace entier qui nous entoure.

Ce mot s’est popularisé dans le jargon militaire des artilleurs : il est vrai que ce sont eux principalement qui s’occupent d’angles de tir, de la courbe suivie par un projectile qui s’élève d’abord avant de retomber : on vise l’horizon, mais on n’atteindra jamais que le sol, le tout est de savoir où. Et l’expression a probablement dû son succès à l’usage qu’en a fait De Gaulle, dans ses Mémoires d’abord, puis dans sa politique nucléaire de dissuasion.

En revanche ce n’est pas De Gaulle qui a influé sur l’usage familier de l’expression être azimuté. C’est-à-dire qui a perdu tout bon sens. Pourquoi azimuté ? Difficile à dire, mais on se rend bien compte qu’il y a un rapport étroit avec d’autres formulations qui reposent sur l’idée d’une désorientation : si l’on ne sait plus où on en est, c’est que l’on ne sait plus où l’on est, par rapport aux autres, par rapport au monde qui nous entoure. On a perdu le Nord, on a perdu la boussole. Deux autres expressions bien connues, un peu anciennes, qui indiquent qu’on ne se situe plus par rapport à son environnement. Et c’est bien ça en effet qui peut provoquer une grande angoisse : la perte de conscience de tout un entourage implicite, inconscient, qui organise l’espace et le temps : on sait la différence entre la verticale et l’horizontale, la station couchée et la station debout. On sait si on est le jour ou la nuit, la saison, la partie du monde où l’on se trouve… en bref, on se situe. Et quand on ne se situe plus, on perd la boule… ce qui est un peu la même chose. Bien sûr perdre la boule, c’est d’abord perdre la tête. Mais cette boule, c’est aussi la Terre où nous vivons, et en perdre la représentation est souvent le déclencheur d’une crise d’angoisse aiguë.

Et la langue bien sûr s’en donne à cœur joie pour moduler cette image, à partir de tout ce qui est interprété pour savoir où l’on se trouve. Le vent par exemple et ce qui indique dans quel sens il souffle. On sait par exemple que la Tramontane est un vent glacial qui souffle du Nord-Ouest vers le Sud-Est. Pourquoi ? Elle emprunte son nom à celui de l’Étoile polaire, qui indique le Nord. Et l’on dit en français, et surtout dans le Midi, j’ai perdu la Tramontane pour dire qu’on ne sait plus où l’on en est. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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