Un des derniers rhinocéros blancs du Nord est mort au Kenya
Deux rhinocéros au zoo de Dvur Králové, en République tchèque, le 21 septembre 2014.
David W. Cerny / Reuters
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Un des derniers rhinocéros blancs du Nord est mort au Kenya

De cette espèce rarissime dite « rhinocéros blanc du Nord », Suni, qui vient de mourir au Kenya, était le dernier représentant en âge de se reproduire. Après cette disparition, il ne reste que six spécimens dans le monde. Autant dire que cette sous-espèce est désormais condamnée à disparaître.
По Claire Arsenault -

Il existe quatre espèces de rhinocéros sur la planète et toutes sont menacées par le braconnage. Mais la sous-espèce à laquelle appartenait Suni, qui vient de mourir au Kenya, est sur le point de disparaître. Ce rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni) ne compte plus que six spécimens sur la planète après la mort, vraisemblablement naturelle, de Suni. 

Pont aérien
 
Ce mâle de 34 ans, à la peau gris clair comme tous ceux de son espèce, est né dans le zoo de Dvur Králové, en République tchèque. Cet établissement est le seul au monde à être parvenu à faire se reproduire en captivité cette sous-espèce de rhinocéros. Après Suni en 1980, trois autres rhinocéros y sont nés, le dernier en 2000.
 
Dès les années 2000, face à l’inéluctable menace d’extinction qui plane sur les derniers rhinocéros blancs du Nord, notamment à cause des combats, mais aussi du braconnage dans la région, des défenseurs de l’environnement pensent transférer les quelque 10 individus qui restent dans le parc national de la Garamba en République démocratique du Congo (RDC) vers le Kenya. En 2006, l’opération est mise sur pied : un pont aérien transporte alors de la RDC vers le Kenya les ultimes survivants en milieu naturel sécurisé.
 
Trois ans plus tard, Suni et trois autres de ses congénères (1 mâle, Sudan, et 2 femelles) sont à leur tour expédiés depuis leur zoo tchèque vers la réserve privée d’Ol Pejeta au Kenya, dans le cadre du projet « L’ultime chance de survie ». Les spécialistes espèrent ainsi qu’en regagnant leur milieu naturel africain, les femelles retrouveraient un niveau hormonal normal pour la reproduction biologique. Mais cette amélioration ne s’est pas produite et toutes les tentatives ont échoué, y compris les essais de procréation assistée.
 
Les jeux semblent faits
 
Les jeux semblent être faits à première vue même si les chercheurs de l’Institut berlinois de recherche sur les animaux sauvages (IZW) disposent toujours du sperme des rhinocéros mâles du zoo de Dvur Králové. Quant à Sudan, qui est arrivé au Kenya au même moment que Suni, à 41 ans, il serait maintenant trop vieux pour se reproduire. Deux autres mâles, tout aussi vieux, sont pensionnaires d’un parc animalier en Californie et une femelle restée à Dvur Králové, complètent le groupe désespérément réduit des survivants.
 
« On peut toujours croire aux miracles », avance la directrice du zoo tchèque pour bien faire comprendre qu’elle n’en attend plus. Elle rappelle d’ailleurs que « le nombre de rhinocéros tués par les braconniers (attirés par la valeur élevée des cornes de ces herbivores auxquelles on prête des vertus dans la pharmacopée asiatique) a incroyablement augmenté ces dernières années. Selon certains scénarios, il n’y aura plus de rhinocéros dans la nature en Afrique, d’ici une dizaine d’années », prévoit-elle.
 

Si la survie des rhinocéros blancs du Nord semble bien compromise, celle des espèces dites du Sud qui vivent surtout en Afrique du Sud, au Zimbabwe, en Namibie et au Kenya sont aussi incertaines. Il reste ainsi moins 5 000 rhinocéros noirs et 20 000 blancs en Afrique australe. Aujourd’hui, les scientifiques estiment que le rhinocéros noir est en « danger critique de disparition » alors que le blanc est une « espèce quasi-menacée ». Leur population, alertent-ils, a décliné de 63% entre 1980 et 2006.

Опубликовано 08/12/2015 - Изменено 08/12/2015

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