Un policier afghan fouille une voiture tandis qu'un soldat français de la Force internationale de sécurité (ISAF) monte la garde lors d'une perquisition dans les plaines de Shomali, au nord de Kaboul, le 20 octobre 2005.
Un policier afghan fouille une voiture tandis qu'un soldat français de la Force internationale de sécurité (ISAF) monte la garde lors d'une perquisition dans les plaines de Shomali, au nord de Kaboul, le 20 octobre 2005.
Shah Marai / AFP
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Les nouvelles frontières de l'organisation transatlantique

La session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, qui s’est ouverte le 11 novembre 2005 au Parlement danois, s’achève le 15 novembre. Quelque 300 députés venus de 40 pays se sont notamment penchés sur le futur rôle de l’Alliance atlantique en Afghanistan, en Irak, en Afrique et au Proche-Orient.
По Philippe Leymarie -

Quinze ans après la disparition de son « ennemi héréditaire » – l’Union soviétique –, l’OTAN a toujours un problème existentiel, au moment où l’Union européenne élargie recoupe en grande partie le champ de l’organisation transatlantique, et monte en puissance dans le domaine de la défense. Et elle ne cesse de se poser la question de ses « frontières », qu’elle cherche à étendre jusqu’aux marches de la Russie, vers le Moyen-Orient, vers l’Afrique.

C’est la toile de fond des débats auxquels se sont livrés, les trois cents députés de 40 pays, membres de l’OTAN ou associés : cette assemblée parlementaire est un organe consultatif, entièrement indépendant de l’Alliance atlantique, présidé par le député français Pierre Lellouche (UMP). Selon ce spécialiste de géopolitique, lui-même de sensibilité atlantiste – et qui avait ardemment défendu l’intervention américaine en Irak –, « la stabilisation du pourtour de l’Europe, et notamment du monde musulman, vers le Moyen-Orient comme vers la Méditerranée, constitue à l’avenir le grand défi de sécurité pour l’OTAN. »

L’OTAN a promis une aide à l’Union africaine pour le Darfour

Pour les Américains, qui tiennent à la survie de cette organisation, l’OTAN peut retrouver une vocation, si elle sait se projeter hors du champ des pays membres, comme elle le fait déjà sur les théâtres d’opérations des Balkans – par exemple au Kosovo, où elle dirige la K-For –, mais aussi dans le lointain Afghanistan, où elle a pris le commandement de la Force internationale d’assistance à la Sécurité, la FIAS. Ou même au Soudan, où elle a promis une aide logistique à l’Union africaine, chargée d’une opération de paix au Darfour.

Le souci de stabilisation est réel concernant les États européens limitrophes, comme l’Ukraine – à qui l’adhésion à l’OTAN vient d’être proposée –, la Biélorussie, la Moldavie, l’Azerbaïdjan, ou la Géorgie. Autre axe pour l’OTAN : le renforcement de la coopération avec des candidats d’Europe de l’Est à l’adhésion à l’Union européenne : la Roumanie, la Bulgarie, tous pays où la diplomatie américaine cherche à établir un réseau de bases qui prendra le relais des implantations américaines d’Europe de l’Ouest.

Les relations de l’OTAN avec la Russie, un des sujets traditionnellement évoqués par les parlementaires réunis à Copenhague, ne peuvent que s’en ressentir : Moscou a un sentiment très net d’encerclement, ses forces devant se retirer de leurs bases dans l’ancien « glacis », alors que les Américains au contraire s’y installent, comme en Pologne où devrait être déployée une base avancée du bouclier anti-missiles édifié par les militaires américains. Le commandant adjoint des forces spatiales russes vient de rappeler que, dans l’espace aussi, le jeu est inégal, une douzaine de satellites-espions américains surveillant actuellement le territoire russe, alors que Moscou n’aurait en vol qu’un seul satellite militaire du même type, pour observer une petite partie seulement du continent nord-américain.

L’OTAN garde également un œil sur la sécurisation des ressources pétrolières à destination de l’Occident, qui transitent notamment par le Caucase. Et sur ses relations avec le monde arabo-musulman, au sud de la Méditerranée ou au Moyen-Orient, et cela au titre de l’anti-terrorisme, devenu un sujet imposé dans toutes ces réunions internationales – même si son secrétaire général, le néerlandais Jaap de Hoop, a écarté toute implication militaire ou politique majeure de l’OTAN dans cette région. En Irak, sur l’insistance américaine, l’OTAN a accepté de prendre en charge la formation d’une partie des personnels de sécurité, mais sans présence militaire proprement dite.

Опубликовано 26/03/2019 - Изменено 08/04/2019

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