Des membres des forces de sécurité israéliennes se rassemblent devant une usine touchée par une roquette à Ashkelon, le 5 mai 2019.
Des membres des forces de sécurité israéliennes se rassemblent devant une usine touchée par une roquette à Ashkelon, le 5 mai 2019.
Gil Cohen-Magen / AFP
Заметка

Flambée de violence entre Israël et Gaza: Ashkelon sous les tirs de roquettes

La journée du dimanche 5 mai a une nouvelle fois été marquée par d'intenses tirs de roquettes depuis la bande de Gaza auxquels l'armée israélienne a répondu par des bombardements et assassinats ciblés dans l'enclave palestinienne. Le bilan est désormais de 19 Palestiniens tués, selon le Hamas, depuis samedi matin et de quatre Israéliens. L'un d'entre eux a succombé après avoir été blessé dans le bombardement de son usine à Ashkelon, ville israélienne située à quelques kilomètres au nord de la bande de Gaza.
По Guilhem Delteil -

Avec notre envoyé spécial à Ashkelon,

C'est en début d'après-midi que cette usine fabriquant des rouleaux de béton a été touchée par une roquette. Les services de secours Magen David Adom sont rapidement arrivés sur place. 

« Nous avons répondu en quelques minutes, expliqueUriel Goldberg, leur porte-parole. Nous avons vu quatre personnes blessées. Deux dans un état critique, une dans un état sérieux et une souffrant de stress. Ils ont tous été évacués vers des hôpitaux de la région. »

L'un des blessés a succombé quelques minutes plus tard. L'usine se trouve dans une zone industrielle au nord d'Ashkelon. Et comme les autres installées là, elle est dotée d'abris. Il n'y a pas eu de défaut de la part de l'employeur, assure le directeur de la sécurité de l'usine. « Il y a tout, il y a toutes les protections nécessaires. Cette usine est comme une famille : tout le monde connaît tout le monde. Tout le monde est protégé. »

« Situation de guerre »

Mais pour le maire d'Ashkelon, Tomer Galan, venu sur place, la population doit prendre conscience de la gravité de la situation. « Je crois que c’est le moment et le lieu pour moi de m’adresser de nouveau aux résidents de la ville pour leur dire que nous sommes dans une situation de guerre. On ne devrait pas en douter une seule seconde : nous sommes vraiment dans une guerre ici. »

L'élu appelle les habitants de la ville à respecter scrupuleusement les consignes des forces de sécurité : elles permettront, assure-t-il, de sauver bien des vies. Quelques minutes plus tard, l'alerte retentit à nouveau.

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 Une usine touchée par une roquette, un reportage de Guilhem Delteil.
RFI, le 06/05/2019

Ashkelon vit donc au rythme des sirènes d'alarme ce dimanche. De manière inhabituelle pour un début de semaine, la plupart des magasins ont gardé porte close. La cafeteria-boulangerie Roladin, elle, est l'un des rares commerces ouverts. Shem Or Shaya en est le gérant : « Nous avons un abri collé à la cafeteria. Donc on se sent à l'aise pour l'ouvrir. Et tristement, on s'habitue à la situation. »

Fatigue et aigreur

Au loin, les explosions dues aux interceptions de roquettes par le bouclier antimissile israélien se font entendre. Dans la cafeteria, les clients sont rares, les habitants sont éprouvés. « Je vis uniquement dans les abris, témoigne un jeune homme, âgé de 25 ans. La nuit dernière, on a été réveillé trois fois par les sirènes et à chaque fois, c'était l'horreur avec les enfants. On a finalement décidé de tous dormir dans l'abri. On ne peut pas vivre sachant qu'à n'importe quel moment on risque d'être réveillé par les alarmes. Ça fait très peur. »

Comme d'autres habitants de la périphérie de Gaza, Shem Or Shaya nourrit une aigreur à l'égard du gouvernement : « Ce que j'aimerais, c'est que le pays ait autant de considération pour Ashkelon que pour Tel-Aviv. La dernière fois qu'une roquette a touché le centre du pays, il y a eu immédiatement une grande opération. Ici, nous avons eu trois morts en moins de 24h et le Premier ministre ne réagit pas du tout de la même façon. On veut sentir qu'on ne nous abandonne pas. »

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 La vie tourne au ralenti à Ashkelon, un reportage de Guilhem Delteil.
RFI, le 06/05/2019

La boulangerie-cafeteria Roladin était l’un des rares commerces ouverts dans le centre d’Ashekelon ce dimanche 5 mai.

La boulangerie-cafeteria Roladin était l’un des rares commerces ouverts dans le centre d’Ashekelon ce dimanche 5 mai. I G. Delteil / RFI

Опубликовано 17/05/2019 - Изменено 17/05/2019

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