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Journal en français facile 23/06/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loïc Bussières : 22h à Paris, 2h de moins en temps universel (TU). Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre Journal en français facile.

À la une : la victoire d’Ekrem Imamoğlu à Istanbul. Le candidat de l’opposition remporte la mairie de la plus grande ville de Turquie. Une victoire symbolique, et un revers pour le pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan.
Le bras de fer entre l’Iran et les États-Unis sur fond de brouille sur le dossier nucléaire. Washington doit mettre en place de nouvelles sanctions contre Téhéran, dès demain.
Et puis l’actualité c’est aussi le football. La France affronte le Brésil en ce moment, au Havre, en 8e de finale de la Coupe du Monde féminine.

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LB : On part pour la Turquie pour débuter ce Journal en français facile. Direction Istanbul, la plus grande ville du pays où l’opposition s’installe à la mairie. Ekrem Imamoğlu l’emporte pour la deuxième fois. La première, c’était il y a trois mois : mais le résultat du vote avait été annulé pour cause d’irrégularité. Cette fois, le candidat du CHP, le parti républicain peuple, tient sa victoire dans les urnes. Celui de l’AKP, Binali Yıldırım, a reconnu son échec. Envoyée spéciale à Istanbul, Anissa El Jabri.

Et il a fait cela très tôt dans la soirée, il n’y avait encore aucun résultat officiel, seulement les premiers chiffres de l’opposition avec une avance, c’est vrai, très nette de son candidat sur la moitié des bulletins dépouillés. Binali Yıldırım s’est présenté, visiblement fatigué les traits tirés face à la presse. Une courte allocution moins de 3 minutes, le fidèle compagnon de route d’Erdoğan n’a pas prononcé le mot défaite, « Selon les résultats, mon rival Ekrem Imamoğlu mène la course a-t-il dit. Je le félicite et je lui souhaite bonne chance. J’espère qu’il servira bien Istanbul » fin de citation. C’était il y a une heure et demie et l’écart était déjà énorme, 8 points. Le QG de l’AKP avec une immense photo d’Erdoğan sur à peu près chaque mur, était déjà peu rempli, il s’est vidé quasiment dans l’instant, à peine quelques militants derrière une barrière pour crier leur colère, laissaient couler quelques larmes. L’AKP ce soir a certes perdu des voix, 200 000 par rapport au 31 mars dernier, mais c’est surtout le candidat de l’opposition qui en a gagné plus de 500 000.

LB : Et dans la foulée, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a félicité le candidat de l’opposition élu à la mairie d’Istanbul, signalant qu’il acceptait le résultat de l’élection après avoir obtenu l’annulation du premier scrutin du mois de mars. Selon les derniers décomptes, Ekrem Imamoğlu l’emporterait par 53,6 % des voix.

À la une également, le bras de fer, qui continue, entre Washington et Téhéran après la destruction cette semaine d’un drone américain par l’armée iranienne dans la région du détroit d’Ormouz. Illustration avec cet avertissement signé du conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton : « Il ne faut pas confondre prudence et faiblesse ». Dernier épisode du conflit qui s’intensifie : les attaques informatiques lancées par le Pentagone contre plusieurs installations iraniennes, Vincent Souriau.

Deux cibles principales : d’abord, une entité liée aux services de renseignements. Elle aurait, selon les sources anonymes citées dans la presse américaine, soutenu le sabotage de plusieurs navires dans le détroit d’Ormouz ces dernières semaines. L’autre objectif de ces cyberattaques : un système d’armement. Dont le piratage visait à perturber les tirs de missiles du régime iranien. D’après le Washington Post, le président Trump en personne a donné son feu vert à cette opération. A-t-elle réussi ? C’est impossible à vérifier, mais tous les experts sont d’accord : ce genre d’intrusion informatique est forcément temporaire. Même si les serveurs iraniens ont bel et bien été affectés, ils pourront être remis en service à court ou moyen terme. Pour Washington, ce qui compte, c’est le message. Nous avons les moyens de vous causer du tort. C’est aussi une réponse à l’intensification des menaces numériques signalées depuis le mois d’avril aux États-Unis. Des hackers liés au régime iranien sont soupçonnés d’avoir ciblé dernièrement plusieurs agences gouvernementales américaines, ainsi que des entreprises du secteur financier et pétrolier.

LB : De son côté, Donald Trump assure qu’il ne cherchait pas une guerre contre l’Iran, à la veille de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran. J’ajoute que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo se rendra cette semaine en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour évoquer la crise avec l’Iran, « Nous allons parler de la manière de nous assurer que nous sommes tous sur la même ligne ainsi que de la manière de mettre en place une coalition mondiale » sur l’Iran » déclare-t-il ce dimanche. 

Dans le reste de l’actualité, le chef d’état-major de l’armée éthiopienne et un dirigeant régional tués dans une tentative de renversement du gouvernement d’un grand État du nord-ouest. Le président de l’État d’Amhara et un proche conseiller ont été tués par balles hier soir selon les services du Premier ministre éthiopien. Au même moment, au cours d’une attaque à Addis-Abeba le chef d’état-major des forces armées a été abattu à son domicile. L’auteur de ces assassinats est un de ses gardes du corps.

En Mauritanie, les quatre candidats de l’opposition à l’élection présidentielle rejettent les résultats des urnes, et ce avant même la proclamation des résultats. Ils qualifient de « nouveau coup d’État » la déclaration de victoire du candidat du pouvoir, Mohamed Cheikh El-Ghazouani.

Et puis en République tchèque, une imposante manifestation a réuni dimanche à Prague quelque 250 000 personnes selon les organisateurs et les médias. Des manifestants qui appellent à la démission du Premier ministre Andrej Babis soupçonné de fraude aux subventions européennes.

Le football, avec la suite de la Coupe du Monde féminine, France-Brésil, c’est en ce moment au Havre. Le vainqueur de la rencontre se qualifiera pour les quarts de finale. Un peu plus tôt, l’Angleterre a validé son billet en battant le Cameroun 3-0. Cette Coupe du Monde féminine, en tous cas, est un succès, depuis les premiers matches. Le public est au rendez-vous, dans les stades et pour les retransmissions à la TV comme pour les équipes masculines. Il reste toutefois une différence, de taille, entre les footballeuses et leurs homologues masculins : le salaire. Laura Martel.

En cas de victoire finale, les Françaises toucheront une prime de 40 000 euros chacune : c’est dix fois moins que les Français champions du monde en 2018. Et encore, la dotation de la FIFA pour cette coupe du monde féminine a été doublée par rapport à l’édition 2015. Pas de quoi pourtant choquer la Française Gaëtane Thiney qui, en début de mondial, reprenait un argument économique connu : « Les garçons rapportent beaucoup plus que nous, ils gagnent plus que nous, c’est normal » soulignait l’attaquante. Mais d’autres joueuses réclament bien une égalité de traitement. Symboliquement, la star Brésilienne Marta a ainsi célébré son but contre l’Australie en montrant le signe « égal » brodé sur sa chaussure : l’attaquante n’a en effet pas de sponsor, car elle refuse d’être rémunérée moins qu’un homme. Aux États-Unis, où les féminines, triples championnes du monde, sont bien meilleures que l’équipe masculine, 28 joueuses, dont plusieurs cadres de l’équipe actuelle ont porté plainte en mars contre leur fédération pour discrimination. Elles pointent notamment que leurs primes de match sont deux à 3trois fois plus basses que celles des hommes. Face au coup de projecteur jeté par le mondial en cours sur cette action judiciaire, l’instance américaine se serait dite prête à négocier. Car sous la pression, certaines fédérations évoluent. En juillet 2017, Ada Hegerberg, aujourd’hui ballon d’or, avait annoncé qu’elle refusait de jouer pour la Norvège, faute de moyens dédiés au foot féminin. Cinq mois plus tard, la fédération alignait les salaires femmes-hommes.

LB : « Se proclamer » c’est l’expression de la semaine de Yvan Amar.

Un général qui se proclame vainqueur des élections, est-ce une information tout à fait neutre ? Certainement pas. Et c’est bien ce qu’on apprenait ce matin après le scrutin en Mauritanie. Mais de dire que l’un des candidats se proclame vainqueur, c’est déjà jeter un doute sur cette affirmation : il n’est pas vainqueur, il se proclame vainqueur. Et il n’a pas été proclamé vainqueur par la Commission électorale officielle ni pas une institution indépendante : c’est lui qui le dit. Donc comme le précise Rfi c’est une déclaration qui jette le trouble, qui sème la confusion. En effet s’il y a un processus électoral, une élection, c’est pour éviter que quelqu’un ne prenne le pouvoir de son propre chef, de sa propre autorité. Et là, c’est peut-être ce qui se passe. Comme si on parlait d’un président autoproclamé. Le mot a été beaucoup utilisé il y a quelques mois à propos de la situation vénézuélienne. Un président autoproclamé est celui qui se proclame lui-même, qui n’attend pas que les urnes l’aient légitimé : il se proclame. En revanche, il est inutile de parler d’un président qui s’est autoproclamé : on dit deux fois la même chose : ce qui s’appelle un pléonasme. Mais on effet on proclame bien un président. On a bien l’idée d’une déclaration officielle, mais solennelle : on le crie devant tout le monde : c’est le sens de clamer (crier) et de pro (devant). La proclamation est donc la célébration du résultat. Comme un rituel qui établit le vainqueur dans ses fonctions.

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