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Ennemi

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Qui sont les responsables des troubles qu’on observe actuellement en Iran ? Les « ennemis » du pays déclare Ali Khamenei. Conclusion vague et peut-être un peu facile d’un responsable politique qui s’évite une analyse plus fine et pointe du doigt ceux qui sont a priori les personnes à combattre : comment excuser les « ennemis » ? Et surtout ceux du pays ! L’ennemi, c’est clair, c’est celui qui vous veut du mal, qui cherche à vous nuire ! Et l’origine du mot s’entend spontanément dans sa dernière syllabe : l’ennemi, c’est le contraire de l’ami. Et cela depuis son origine : inimicus, déformation de « inamicus » c’est-à-dire celui qui n’est pas un ami. Et en latin, l’inimicus n’est pas l’hostis : hostis désigne l’ennemi public, la nation contre laquelle on est facilement en guerre, alors que l’inimicus est l’ennemi privé. En français, c’est presque le contraire : l’ennemi est le plus souvent celui de l’état. D’autant plus qu’on emploie le mot au singulier : les ennemis, encore, on peut les voir, les compter, les combattre. Mais l’ennemi, cette abstraction menaçante, est autrement plus sombre et inquiétant : l’ennemi est là, à nos portes. On parle même d’ennemi héréditaire, celui qu’on est censé combattre par-delà les générations. Heureusement, on a parfois la mémoire courte et cet ennemi héréditaire peut changer : pour la France, ça a longtemps été l’Angleterre, puis c’est devenu l’Allemagne. Heureusement, en ce moment, on semble se passer d’une telle idée, même si pour certains, les États-Unis, ou plutôt l’Amérique, ce concept fumeux dont on ne sait s’il représente un continent ou un état, pourrait tenir cette place ! Et cet ennemi singulier, en français du moyen-âge a longtemps représenté le Diable, l’ennemi par excellence. On voit donc que le mot est fort, et qu’il évoque ce qui veut votre perte, et dont on a intérêt à souhaiter la disparition ! Alors l’ennemi public numéro 1 est peut-être moins terrible, mais c’est une formule, un peu journalistique, facile à retenir, pour désigner un malfaiteur contre lequel toutes les forces de police doivent se liguer.

Alors très heureusement, l’ennemi n’est pas l’adversaire, qui est celui qu’on combat, sans qu’on sache toujours si on lui en veut ! En sport par exemple, on combat un adversaire. Mais une fois que le match est fini, on peut s’embrasser : cela ne veut pas dire qu’on lui en veut, qu’on le déteste. Mais le jeu veut qu’on lui soit opposé.

Autre différence entre ces deux mots ennemi et adversaire, ennemi n’a qu’un dérivé, inimitié, dont le sens est bien plus privé que celui d’ennemi ! Alors qu’adversaire a donné adversité, bien plus abstrait. L’adversité c’est la situation négative, malheureuse. Et au départ, le mot renvoie même au sort contraire, à la fatalité qui s’acharne contre vous.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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