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Colonne

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’armée française le reconnaît : elle est intervenue récemment au Tchad, non pas contre des forces terroristes, mais pour défaire une colonne rebelle qui se dirigeait vers Ndjamena. Une colonne ! L’image est claire et dans ces paysages désertiques on imagine facilement la théorie, c’est-à-dire la succession de véhicules et de forces armées, qui progressent à la queue le leu, c’est-à-dire les uns derrière les autres. Le mot appartient depuis longtemps au vocabulaire militaire : une colonne est un corps d’armée en marche ! Mais le terme peut bien sûr s’appliquer à n’importe quelle procession, n’importe quel convoi en marche : une colonne de fourmis par exemple. Et même si la file est à l’arrêt, le mot peut être utilisé : une colonne de plaignants qui font la queue au Commissariat. La forme est déterminante pour comprendre le sens : une colonne est une succession, un déroulement : c’est long et étiré, ce qui fait qu’on peut l’employer à propos d’une suite d’objets disposés les uns derrière les autres : la colonne vertébrale, qui représente toutes les vertèbres liées les unes aux autres.

Si l’on revient à notre usage militaire qui est fréquent, on fera une mention spéciale de la cinquième colonne : celle de l’espionnage, celle qui est camouflée. Et l’origine de cette expression, assez récente somme toute, nous faire remonter à la guerre d’Espagne : en 1936, les forces franquistes prennent le contrôle de Madrid, grâce à quatre colonnes de blindés, et grâce aussi à l’appui d’une propagande efficace, d’une action psychologique clandestine et détournée qui utilisait notamment la forte influence de l’Église catholique.

Toutes les colonnes dont on vient de parler se déploient sur le sol (à l’exception bien sûr de la Cinquième, plus invisible). Mais dans son usage premier, la colonne évoque plutôt ce qui s’élève, ce qui est en position verticale. La colonne est d’abord un élément d’architecture : une mince envolée de pierre ou de bois ou même d’un matériau de synthèse – ciment, plâtre… qui supporte la partie supérieure d’un édifice, et qui est couronné parfois de façon décorative par un chapiteau. La tradition des colonnes remonte loin et on se souvient que l’architecture grecque nous a transmis des formes différentes : colonnes ioniques, doriques corinthiennes, etc. Une colonne peut même être constituée d’un fût de pierre, à visée décorative : la colonne Vendôme à Paris !

Et évidemment, la forme peut être utilisée comme une comparaison : en particulier dans la typographie de la presse, dans les grands journaux, les articles sont disposés en colonne, et ne s’étalent pas sur toute l’horizontalité de la page. Combien de colonnes ? Cinq souvent. Ce qui fait que lorsqu’un titre est particulièrement important, au point d’éclipser tous les autres, on lui donne toute la place sur la première page de journal, la Une. Et on titre ainsi Cinq colonnes à la Une, expression étrange qui a été utilisée pour servir de titre à une célèbre émission de télévision des années 60.

 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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