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Recep Tayyip Erdogan a bloqué Twitter dès vendredi 21 mars 2014
Recep Tayyip Erdogan a bloqué Twitter dès vendredi 21 mars 2014.
REUTERS/Dado Ruvic
Nous parlons avec Amaury de Rochegonde, de l’hebdomadaire Stratégies, de la censure de Twitter par le Premier ministre Erdoğan, en Turquie, qui provoque une mobilisation de la « twittosphère ».

02'26" - Première diffusion le 22 mars 2014

Les empereurs romains avaient, dit-on, coutume d’assassiner les messagers porteurs de mauvaises nouvelles. La décision du Premier ministre turc Erdoğan de couper jeudi 20 mars 2014, l’accès à Twitter, afin d’empêcher la diffusion de conversations téléphoniques piratées qui le mettent en cause dans un scandale de corruption, relève un peu du même réflexe. Car qu’est que Twitter si ce n’est un simple messager, un canal de diffusion dépourvu de toute ligne éditoriale ? Recep Tayyip Erdoğan n’a à craindre aucune hostilité délibérée du réseau social. Et pourtant, sous prétexte de décision de justice, le Premier ministre turc s’en est pris à ce qui paraît être la principale caisse de résonance auprès des populations soucieuses de s’informer en Turquie. Il rejoint ainsi la cohorte des autocrates qui prétendent contrôler Internet.

Le contrôle des réseaux est une mesure d’urgence qu’on a déjà vu à l’œuvre en Iran en 2009 ou en Égypte deux ans plus tard. Souvenez-vous, en Iran, lors de la réélection d’Ahmadinejad, contestée par de vives manifestations, le régime n’avait pas hésité à bloquer l’accès à Facebook, YouTube ou Twitter. Auparavant, Twitter avait accepté de différer une maintenance de son réseau pour ne pas nuire aux opposants qui profitaient des réseaux sociaux pour mobiliser leurs militants ou diffuser des informations. En Égypte, en 2011, quelques jours avant sa chute, Hosni Moubarak, avait, lui, été jusqu’à couper Internet en s’attaquant au réseau des quatre principaux opérateurs. Il avait alors été possible de se servir du téléphone pour envoyer des tweets.
 
En Turquie, on peut dire qu’Erdoğan va très loin puisque même la Syrie de Bachar el-Assad n’a pas été jusqu’à interdire Twitter. Sa décision, qui prétend se moquer de la communauté internationale, ne peut pourtant pas ignorer les réactions en Turquie, à commencer par celle du président de la République, Abbdullah Gül, qui condamne ce qu’il qualifie de censure tout en étant du même parti l’AKP. Mais il devra aussi prendre en compte la mobilisation de la « twittosphère », qui offre des procédés de contournement de la censure et entend défendre une liberté fondamentale. Au fond, il en va de Twitter comme de la modernité : on peut être contre, elle vous rattrape toujours tôt ou tard. Paul Kagame, le président rwandais en est lui-même tellement convaincu qu’il ne jure plus que par les gazouillis de Twitter. Au point de s’être fait épingler par un journaliste qui l’a retrouvé derrière un pseudonyme. Le président s’était trompé en répondant sur son compte officiel à une question adressée à son pseudo…

Publié le 03/04/2017 - Modifié le 04/04/2017 - Par Amaury de Rochegonde

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Twitter censuré en Turquie

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