Parc National des Virunga, Nord-Kivu, RDC
Parc National des Virunga, Nord-Kivu, République démocratique du Congo.
Monusco/Abel Kavanagh
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Plus vieux parc national d'Afrique à la biodiversité stupéfiante, les Virunga sont menacés

Pour la population du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), rendue exsangue par des années de conflit, le charbon de bois est la principale source d'énergie et un moyen de survie indispensable.
Par Dominique Raizon -

« Le trafic s'effectue entre la population, les riverains du parc et les hommes en uniformes », explique Bantu Lukambo, directeur d'une association congolaise de protection de l'environnement. « Les civils sont souvent utilisés comme ‘mules’ par les groupes armés pour transporter le charbon hors du parc », dit-il en déplorant que « plus d'un quart du parc est  "déforesté" ».

« Le trafic de charbon est la menace numéro 1 pour le parc et la situation est aggravée par le chaos dû au conflit. Si cela continue, sa biodiversité unique pourrait disparaître », s’inquiète Samantha Newport, responsable de la communication de la réserve.

Seul parc au monde à abriter 3 types de grands singes

Classé au patrimoine mondial par l'Unesco, les Virunga comptent le plus grand nombre de mammifères, de reptiles et d'oiseaux de tous les parcs du continent, selon les estimations de leur directeur, Emmanuel de Merode. Celui de RDC est le seul parc d'Afrique à présenter une si grande diversité de paysages avec des altitudes allant de 900 à quelque 5 100 mètres, et du seul parc au monde à abriter trois types de grands singes, à savoir des chimpanzés, des gorilles des plaines, et 200 gorilles des montagnes (soit 30% de la population mondiale).

« Au cours des trois dernières années, il y a eu une très forte augmentation de la production de charbon dans le parc, en particulier parce que la population a fortement augmenté dans les environs », relève Emmanuel de Merode : pas moins de 400 personnes au km² vivent autour du parc. Et, tous les jours, des dizaines de camions surchargés de sacs de charbon affluent en direction de Goma, capitale provinciale d'un demi-million d'habitants. « En période de guerre, les gens se rabattent sur cette activité, parce qu'ils ne peuvent pas aller aux champs ou qu'ils ont perdu leur bêtes », confie un habitant.

Publié le 03/12/2015 - Modifié le 03/12/2015

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