Ours polaire sur la banquise au nord de Svalbard, en Norvège.
Ours polaire sur la banquise au nord de Svalbard, en Norvège.
Wolfgang Kaehler/LightRocket/Getty
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Lundi 27 février 2017, Journée internationale de l’ours blanc

Ils sont blancs l’hiver pour se cacher dans la neige, et jaunes l’été. Inscrits en 2008 sur la liste des espèces menacées, les ours polaires restent en danger. 80 % de la population pourrait disparaître dans les 50 années à venir. Heureusement, il y a eu le plan « Ours » de Barack Obama. Mais va-t-il perdurer sous la nouvelle administration Trump ?
Par Marina Mielczarek -

Quelque 31 000 ours blancs, « ursus maritimus » pour leur petit nom scientifique, vivent aujourd’hui dans le monde. Uniquement au pôle Nord, et sur toute l’étendue de la banquise, du Canada au Spitzberg (au nord du Danemark) jusqu’en Sibérie. Les mâles les plus gros peuvent atteindre 600 kg. Ce sont les Inuits, les habitants de la banquise, qui ont constaté en premier les pertes de poids anormales, bien avant les premiers rapports scientifiques.

Le poil qui casse

L'ours polaire a trois ennemis : la fonte de la banquise, le braconnage et la pollution des eaux. La qualité de la viande et du poil en subit déjà les conséquences. Même si l’on peut se féliciter que depuis deux ans, l’espèce se maintient globalement, Rémy Marion, l’un des plus grands spécialistes français des ours polaires explique que l’année dernière a marqué un tournant :

« Jamais la banquise ne s’est reformée avec un tel retard. Il y a 30 ans, je voyais la glace de l’hiver geler en novembre. L’an passé, la banquise en baie d’Hudson, au-dessus du Canada, l’a fait mi-décembre, c’est extrêmement tard. Cela allonge la période du jeûne et de leur hibernation, et raréfie les phoques dont les ours se nourrissent. Pour les femelles, c’est dangereux puisque trop maigres, elles ne peuvent pas avoir d’oursons et, sans nourriture, ne peuvent pas non plus les alimenter. »

Le plan « Ours » de Barack Obama en péril

En quittant son poste le mois dernier, l’ancien président américain a signé un plan « Ours polaire », le premier plan à grande échelle de sauvegarde du mammifère. Un programme que le Bureau américain de la pêche et de la faune sauvage (USFWS) d'Alaska a initié, en partenariat avec les autorités inuites et des partenaires internationaux.

Ce plan, salué par tous les scientifiques et les associations écologistes, prévoit un dialogue avec les chasseurs locaux pour limiter le braconnage et protéger certains espaces contre l’installation de plateformes pétrolières pour éviter les pollutions. Mais une question se pose : ce plan survivra-t-il à la nouvelle administration de Donald Trump ? Il est trop tôt pour le dire, « mais au vu des enjeux pétroliers, dit Rémy Marion, et de la nomination d’un climato-sceptique, Scott Pruitt, ancien ministre de la Justice de l'Oklahoma et proche de l'industrie, à la tête de l'Agence de protection de l'environnement, on peut redouter le pire. »

Des ours à la poubelle

Ces bouleversements ont entraîné de tels manques de nourriture que les ours n’hésitent plus à venir fouiller les poubelles et les décharges des villes et villages du Grand Nord. Un danger pour l’homme et l’animal. Quel que soit le sort réservé au plan de sauvegarde américain, les associations de défense de l’ours polaire espèrent que cette Journée mondiale de l’ours blanc servira à mobiliser les citoyens. Ils comptent particulièrement sur les enfants, de grands protecteurs de la nature qui ont souvent des ours en peluche et… une très grande influence sur les parents !

 

 

Publié le 28/02/2017 - Modifié le 28/02/2017

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