Le vice-président Mike Pence lors de son allocution au Conseil national de l’espace, le 26 mars au Space & Rocket Center américain à Huntsville.
Le vice-président Mike Pence lors de son allocution au Conseil national de l’espace, le 26 mars au Space & Rocket Center américain à Huntsville.
Fred Deaton / NASA
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Les États-Unis veulent renvoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2024

Retourner sur la Lune d’ici 2024, c’est le nouvel objectif fixé par Donald Trump. Il a été dévoilé le mardi 26 mars 2019 par le vice-président américain. Mike Pence a tenu un discours plutôt sévère à l’encontre de la Nasa, l’agence spatiale américaine, qui a accumulé les retards.
Par RFI -

« La politique officielle de cette administration est de renvoyer des astronautes américains sur la Lune d’ici cinq ans ». Avec cette annonce, le vice-président Mike Pence contraint la Nasa à accélérer sérieusement son calendrier, car le prochain vol sur la lune était prévu en 2028.

Dans un discours particulièrement critique à l’égard de l’agence spatiale américaine, Mike Pence a dénoncé ses retards, ses dépassements budgétaires et son inertie bureaucratique. Il a même menacé de s’adresser au secteur privé si l’agence n’était pas prête à temps, rapporte notre correspondante à Washington,  Anne Corpet.

En concurrence avec la Chine

« Si l'industrie américaine peut fournir des services commerciaux essentiels sans aide du gouvernement, nous les achèterons. Et si les fusées privées sont la seule façon de ramener des astronautes américains sur la Lune dans cinq ans, alors ce sera des fusées privées », a-t-il lancé.

L’annonce du vice-président intervient dans un contexte de forte concurrence dans l’espace. Mike Pence a rappelé qu’une compétition spatiale était en cours entre les grandes puissances et que la Chine avait déjà fait atterrir un engin sur la face cachée de la Lune. Mais il a précisé : « Il ne s’agit pas seulement d’une compétition contre nos adversaires. Nous luttons aussi contre notre pire ennemi : l’autosatisfaction. »

Difficilement réalisable

Mais si Mike Pence donne un calendrier pour le moins ambitieux, il semble difficile de rassembler toutes les conditions pour un voyage lunaire d’ici cinq ans. Pour aller sur la Lune il y a 50 ans, les Américains avaient développé le programme Apollo, avec la mythique Saturn V, la plus puissante fusée jamais construite.

Il y avait également une capsule pour transporter les astronautes et un atterrisseur pour se poser sur notre satellite, le LEM, et enfin des combinaisons pour que les astronautes puissent marcher sur le sol lunaire. Aujourd'hui, la Nasa n'a plus aucun de ces éléments.

La nouvelle fusée, le SLS, est toujours en développement et n'a pas encore volé. Il en va de même pour la capsule Orion. Il faudra attendre l'an prochain pour sa première mission. Quant à l'atterrisseur lunaire et les combinaisons, il est nécessaire de commencer leur développement dès maintenant.

Si Jim Bridenstine, l'administrateur de la Nasa a déclaré que son agence « allait se mettre au travail », la question de ses moyens se pose. Il y a 50 ans, le budget de la Nasa représentait plus de 4 % du budget fédéral américain contre 0,5 % aujourd’hui. L'agence touche presque deux fois moins qu'à l'époque.

En 1961, quand Kennedy avait lancé le programme Apollo, il avait donné 10 ans et de l'argent. En 2019, la Nasa n'a ni l'un ni l'autre. Mais le défi à relever est tout aussi énorme.

Publié le 15/07/2019 - Modifié le 02/08/2019

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