Décollage réussi pour la première coopération spatiale entre Paris et Pékin
La fusée Longue Marche 2C a décollé dans la nuit du 28 au 29 octobre depuis le centre spatial de Jiuquan dans le désert de Gobi, avec pour objectif de mettre en orbite CFOSat, première coopération spatiale entre la Chine et la France.
RFI / Simon Rozé
Article

Décollage réussi pour la première coopération spatiale entre Paris et Pékin

Le lanceur chinois Longue Marche 2C a décollé le 29 octobre à 00h41 (temps universel) depuis le centre spatial de Jiuquan. A bord de cette fusée, la première coopération spatiale entre la Chine et la France. Elle se traduit avec CFOSat, un satellite d’observation du climat.
Par Simon Rozé -

De notre envoyé spécial à Jiuquan,

Il est 8 heures et 41 minutes heure locale. Le soleil s’est déjà bien levé sur le désert de Gobi, où se trouve le centre spatial chinois de Jiuquan. A contre-jour, se tient Longue Marche 2C. A l’heure prévue, les moteurs s’allument, et ses 42 mètres s’élèvent dans le ciel. Le lanceur chinois débute sa 53ème mission. Il  s’agit cette fois de mettre sur orbite à 529 kilomètres d’altitude CFOSat, le premier engin développé conjointement par la Chine et la France.

Cette première coopération spatiale entre les deux pays n’est pas anodine. En effet, dans l’espace aussi, des questions géopolitiques entrent en jeu. Ainsi, malgré son programme très développé, la Chine n’a noué que très peu de partenariats spatiaux dans son histoire. Elle est par exemple complètement mise sur la touche par le Congrès américain qui interdit formellement à la Nasa de travailler avec son homologue chinoise, la CNSA.

Dans ce contexte, voir la France taper à la porte des Chinois en 2006 pour mettre au point un projet commun avait de quoi surprendre. « C’était surtout une question d’opportunité », se souvient Pascale Ultré-Guérard, directrice adjointe en charge de l’international au CNES, le Centre national d’études spatiales. « On cherchait à l’époque un partenaire pour concrétiser ce projet qu’on ne pouvait pas faire tout seul. On l’a alors proposé aux Chinois qui avaient développé un instrument complémentaire au nôtre. »

Lancement réussi

Il aura donc fallu 12 ans pour mener le projet à bien, avec tous les écueils que ce type de collaboration peut soulever. « Evidemment, il y a des différences culturelles, ce n’est pas toujours facile de travailler avec des partenaires aussi éloignés géographiquement, avec des cultures aussi différentes, explique Pascale Ultré-Guérard. Mais nous étions extrêmement motivés et ça a bien marché. »

Côté chinois, on se félicite également de cette coopération, et du fait d’avoir choisi la France. Sur les écrans de contrôle du centre de commandement spatial de Jiuquan, les premières données s’affichent : CFOSat est en bonne santé, sur la bonne orbite. Longue Marche 2C a fait son travail. Wu Yan Hua, le patron de l’agence spatiale chinoise est tout sourire : « Si la Chine a choisi la France comme partenaire, c’est parce que la France est un pays très avancé dans le domaine spatial. En général, 1+1=2. Mais dans ce cas-là, la France + la Chine = beaucoup plus ! »

Etude des vents et des vagues

Le succès de la mission et l’enthousiasme qui en découle peuvent expliquer les métaphores mathématiques hasardeuses. CFOSat n’est en effet pas qu’une mission politique, elle a un vrai rôle scientifique à jouer. Il s’agit en effet d’un programme d’océanographie composé de deux instruments. SWIM, côté français, va étudier les vagues, tandis que SCAT, côté chinois, s’intéresse aux vents. Ensemble, les deux instruments vont permettre de mieux comprendre les mécanismes qui lient les deux phénomènes.

« C’est là qu’ont lieu les échanges entre l’océan et l’atmosphère, aussi bien en termes de chaleur que de carbone », explique Juliette Lambin, responsable du programme d’observation de la Terre au CNES. « Plus la surface de l’eau est agitée, plus ces échanges sont efficaces. Ils sont extrêmement importants car les océans sont les régulateurs du climat de la planète. Ce sont eux qui transportent et redistribuent la chaleur d’un endroit à un autre. Les océans ont également une grande capacité à absorber le carbone présent dans l’atmosphère. »

Comprendre le réchauffement et prévoir les cyclones

CFOSat va permettre de mieux comprendre ces phénomènes, et notamment, on l’espère, concernant la captation de carbone. Les océans sont en effet l’un des principaux puits de carbone, mais on suspecte qu’ils ne soient en train de perdre cette capacité. Cette nouvelle mission devrait nous permettre d’y voir plus clair.

Plus proche de nous et de façon plus appliquée, CFOSat devrait également offrir des prévisions de météorologie marine plus précises, et une meilleure anticipation des événements extrêmes tels que les cyclones. Il faudra cependant encore attendre un peu avant que les scientifiques chinois et français profitent de ces nouvelles données. Ce n’est que dans un mois, après avoir vérifié son bon fonctionnement en orbite, que CFOSat fournira ses premières mesures.

Publié le 30/10/2018 - Modifié le 30/10/2018

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Décollage réussi pour la première coopération spatiale entre Paris et Pékin

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.