Le vaccin ne contient pas de véritable «morceaux» du VIH mais un produit qu’on appelle biogénétique qui ne peut infecter la personne vaccinée.
Le vaccin ne contient pas de véritable «morceaux» du VIH mais un produit qu’on appelle biogénétique qui ne peut infecter la personne vaccinée.
© MUJAHID SAFODIEN / AFP
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En Afrique du Sud, 5 000 volontaires testent un vaccin contre le Sida

L' Afrique du Sud a lancé mercredi 30 novembre 2016 un essai clinique dans une quinzaine de centres dans tout le pays. Au total, plus de 5 000 personnes vont tester ce vaccin expérimental contre le Sida. Depuis le début de la pandémie, les chercheurs rêvent de trouver un vaccin. Pour la première fois peut-être depuis l'identification du virus en 1983, les scientifiques pensent avoir trouvé un candidat prometteur. Et le choix de l'Afrique du Sud pour tester ce vaccin à grande échelle n'est pas anodin. Le pays enregistre un des taux de prévalence les plus élevés au monde.
Par Alexandra Brangeon -

Il s’appelle le HV-TN 702 et suscite d’énormes espoirs dans le pays. C'est un vaccin expérimental contre le Sida. Plus de 5 000 jeunes –entre 18 et 35 ans – vont participer aux essais qui dureront quatre ans. Jane a 21 ans, est étudiante et est l’une des premières à s’être portée volontaire pour tester ce vaccin au centre de Soshanguve, un township au nord de Pretoria : « Je connais des gens qui ont le VIH et je connais des gens qui en sont décédés. Certains sont des membres de ma famille et ça m’a beaucoup touchée. Ma tante par exemple est décédée du VIH. On ne savait pas qu’elle était séropositive, on l’a découvert plus tard quand elle a commencé à être très très malade. C’est pour cela que je veux participer. Je veux contribuer à faire une différence dans ma communauté et dans mon pays ».

EM Image: L'une des volontaires de l'essai clinique du vaccin contre le Sida, le 30 novembre 2016.
L'une des volontaires de l'essai clinique du vaccin contre le Sida, le 30 novembre 2016. | MUJAHID SAFODIEN / AFP

 

L'Afrique du Sud, l'un des pays les plus touchés par le sida

Aujourd’hui, 19% de la population adulte est infectée par le VIH Sida, soit 7 millions de sud africains. Et l’épidemie continue de se propager. Les adolescents sont particulièrement vulnérables, notamment les filles dans les quartiers pauvres. Pour Mmapule Raborife, travailleur social à Soshanguve, la majorité des filles n’utilisent pas de préservatif et ne se font pas dépister : « Nos jeunes filles sont celles qui sont le plus infectées. Nous avons ici ce qu’on appelle des 'papas sucres', des hommes plus âgés qui donnent de l’argent aux jeunes filles en échange de relations sexuelles sans préservatif et qui les infectent. Si vous êtes vaccinés, vous serez déjà protégés, c’est différent de toutes autres formes de prévention. Je pense vraiment que ce serait le plus efficace. C’est important pour nous de faire passer le message et de donner de l’espoir aux gens qu’il y a peut-être bientôt un vaccin, car ça fait longtemps que nous attendons ».

HVTN 702, une étude qui durera 4 ans

La sécurité de ce vaccin a déjà été testée avec succès. La nouvelle étude vise donc à évaluer son efficacité. Pendant quatre ans, les volontaires recevront chacun cinq doses de vaccin. Tous doivent être séronégatifs et sexuellement actifs, expliquent le docteur Mookha Mala-lheha, qui supervise les essais : « Le vaccin comprend un produit qu’on appelle biogénétique. Il ne s’agit pas du VIH Sida, ni d’une forme amoindri de ce virus. Il s’agit d’une copie synthétique qui ressemble au virus, qui a la même structure, mais qui ne peut pas vous infecter. En revanche cette copie va provoquer une réaction, la production d’anticorps qui vont vous aider à lutter contre le VIH si vous êtes exposés au virus ».

Glenda Gray, lors d'une conférence de presse pour le lancement de l'essai clinique au coeur du township de Soshanguve, dans le nord de la capitale Pretoria en Afrique du Sud, le 30 novembre 2016.
Glenda Gray, lors d'une conférence de presse pour le lancement de l'essai clinique au coeur du township de Soshanguve, dans le nord de la capitale Pretoria en Afrique du Sud, le 30 novembre 2016. | MUJAHID SAFODIEN / AFP

 

Si au bout des 4 ans, les risques de contamination sont réduits de moitié, ce sera un succès. Et un réel espoir d’enrayer la maladie, explique le professeur Glenda Gray, directrice du Conseil de recherche médicale de l'Afrique du Sud. «Nous savons que la prévention n’est pas efficace à 100%, car nous avons plus de 1 000 nouvelles infections chaque jour : la circoncision masculine ne marche qu’à 50%, beaucoup de femmes n’ont pas accès à des prophylaxies et quand les femmes essayent de négocier l’utilisation d’un préservatif avec leur partenaire, il y a beaucoup d’opposition. Donc le vaccin est vraiment la meilleure façon pour une femme d’avoir le contrôle sur son corps et d’éviter d’être infectée. Elle se fait vacciner et personne n’en saura rien». 
Premiers résultats donc dans quatre ans. Après cela, si le vaccin est concluant, il faudra encore plusieurs années pour qu’il soit distribué sur le marché. 

Publié le 12/01/2017 - Modifié le 13/01/2017

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