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Madagascar: Moramanga, second haut lieu de l’insurrection de 1947 (2/4)

Près de la Gare de Moramanga un sabotage pratiqué par les rebelles a provoqué le déraillement d'une locomotive qui s'est écrasée dans le ravin, le 11 juin 1947.
Près de la Gare de Moramanga un sabotage pratiqué par les rebelles a provoqué le déraillement d'une locomotive qui s'est écrasée dans le ravin, le 11 juin 1947.
©AFP
Suite de notre série de reportages à Madagascar, 70 ans après le soulèvement contre l’empire colonial français… Nous allons à Moramanga, second haut lieu de l’insurrection de 1947. Située à 100 km à l’est de la capitale, cette localité est l’un des deux points de départ de la lutte armée des organisations secrètes qui souhaitent libérer le pays de la tutelle française. L’insurrection éclate dans la nuit du 29 mars 1947, simultanément à Manakara et Moramanga, avant de s’étendre à d’autres districts. À Moramanga, les insurgés s’attaquent au camp militaire français pour prendre les armes, et investissent la gare et l’hôtel Larrieu où dorment la plupart des officiers français de la garnison. Mais Moramanga voit aussi par la suite l’un des épisodes les plus marquants de la violente contre-insurrection française : les troupes coloniales tirent sur 3 wagons plombés où sont enfermés 166 militants politiques alors prisonniers. À Moramanga, la répression durera un an et demi. Dans cette petite ville à cheval entre les hauts plateaux et la côte, que reste-t-il de cette mémoire collective ?

02'37" - Première diffusion le 30/03/2017
 

Visite guidée au Musée où une grande stèle a été érigée en commémoration du soulèvement. Il y a 70 ans, dans la nuit du 29 mars 47, le camp Tristani dans lequel se situe aujourd’hui le musée de la gendarmerie de Moramanga, est attaqué par près de 2000 insurgés malgaches. Bilan : quelques dizaines de morts côté armée coloniale, des armes dérobées, et les concessions des colons dévastées.

Les représailles ne se font pas attendre. Dès le lendemain, l’armée coloniale entame une répression pour mater les velléités d’indépendance des insurgés : arrestations massives et premières exécutions le 5 mai 1947 devant la gare.

L’épisode du wagon dans lequel 166 opposants politiques ont été fusillés est celui qui a marqué le plus les habitants. Les membres du MDRM (Mouvement démocratique de la rénovation malgache) y ont été enfermés, puis ordre a été donné aux militaires sénégalais de tirer. Cette exécution sanglante eut lieu en public pour montrer à la population que l’administration coloniale était déterminée à réprimer toute insurrection sans état d’âme. Une réplique du wagon criblé de balles est exposée dans la cour du musée.

Publié le 10/04/2017 - Modifié le 28/04/2017 - Par Sarah Tétaud

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