Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe se recueille devant le mémorial des victimes de la Seconde Guerre mondiale, le 15 août 2013.
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe se recueille devant le mémorial des victimes de la Seconde Guerre mondiale, le 15 août 2013.
Toru Hanai/REUTERS
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Le Premier ministre japonais n'exprime aucun regret vis-à-vis de l'Asie pour la Seconde Guerre mondiale

Le 15 août les Japonais célèbrent la capitulation de 1945. Traditionnellement, le Premier ministre en profite pour faire acte de contrition, prendre ses distances vis-à-vis du passé expansionniste de l'archipel. Mais cette année, Shinzo Abe n’a pas exprimé de regrets. Le nouveau chef du gouvernement a certes prononcé un discours, mais le ton était bien différent de celui de ses prédécesseurs.
Par RFI -

Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Chaque 15 août, le Japon commémore la fin de la guerre. Un euphémisme pour sa capitulation, lorsqu'après les deux explosions des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, l’empereur Hirohito décida de cesser le combat. Aujourd’hui, en présence de l’empereur Akihito, de l’impératrice Michiko, le Premier ministre Shinzo Abe, a prononcé un bref discours. Il a rendu hommage aux trois millions de Japonais, civils et militaires, morts durant la Seconde Guerre mondiale. Mais il n’a pas mentionné les quelque 20 millions d’Asiatiques, victimes de la guerre d’agression japonaise. Et Shinzo Abe n’a pas exprimé de regrets pour les souffrances infligées aux pays voisins.

C’est la première fois depuis vingt ans qu’un chef de gouvernement japonais rompt avec une telle tradition. Les relations entre le Japon, la Chine et la Corée du Sud, sont aux plus bas.

Shinzo Abe, un représentant de la droite nationaliste, rejette la responsabilité de la guerre en Asie sur la menace occidentale et relativise les crimes commis par l’armée japonaise. Mais contrairement à une idée reçue, le Japon ne cesse d’exprimer des regrets pour le passé et les pays voisins doutent de leur sincérité.

Polémique sur la visite de deux ministres au sanctuaire Yasukini de Tokyo

Deux ministres, Yoshitaka Shindo, ministre des Affaires intérieures et Tomomi Inada, ministre de la Réforme administrative, ainsi que quelques parlementaires du camp de Shinzo Abe se sont recueillis au sanctuaire Yasukini de Tokyo, un temple à la réputation sulfureuse. Il honore les soldats japonais tombés durant la Seconde Guerre mondiale et notamment des criminels de guerre. Les autorités chinoises condamnent fermement cette visite estimant qu'elle heurte profondément sa population. Pékin a appelé Tokyo à se pencher « de façon sérieuse sur son passé », « faute de quoi les relations entre le Japon et ses pays voisins n'ont pas d'avenir ».

Publié le 17/09/2015 - Modifié le 29/10/2015

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