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Groupe de femmes travaillant pendant la Première Guerre mondiale.
Groupe de femmes travaillant pendant la Première Guerre mondiale.
STR / Historial de Péronne / AFP
Lorsque l’on parle de la Première Guerre mondiale, les premiers mots qui viennent sont « poilus » ou « tranchées » ou encore « Grands guerre », mais il est une chose que l’on oublie souvent c’est la place qu’ont occupé les femmes. Elles ont largement contribué à l’effort de guerre même si elles ne combattaient pas.

03'31" - Première diffusion le 31/07/2018

C’est par ces mots que le 7 août 1914 les femmes sont appelées par le chef du gouvernement. L’objectif est de travailler pour remplacer les hommes mobilisés. Encore aujourd’hui, certains pensent que les femmes ont commencé à travailler lorsqu’elles se sont rendues dans les usines d’armements. Les munitionnettes comme on les surnommait, ont fabriqué en 4 ans de guerre plus de 300 millions d’obus. La professeure Françoise Thébaud a publié plusieurs ouvrages à ce sujet.

« Cela signifie une entrée des femmes dans un secteur très masculin. Ce sont les industries chimique et métallurgique qui se reconvertissent en usine de guerre. Et la société contemporaine de l’époque s’inquiète de l’entrée des femmes, dans ces secteurs masculins. À la fois en termes de concurrence éventuelle et aussi sur ce qu’un des médecins de l’époque appelle, "la masculinisation des femmes" et ces effets moraux et sociaux qui peuvent être dangereux pour la société. »

La majorité d’entre elles avaient déjà un emploi rémunéré avant la guerre. Elles étaient fermières, ouvrières, ou encore infirmières, institutrices, mais le nombre de personnels féminins dans l’industrie et le commerce a fortement progressé durant ces années de conflit. Pourtant il a fallu vaincre la méfiance des industriels, essentiellement des hommes, et donc combattre beaucoup d’idées reçues. Françoise Thébaud.

« Les mouvements féministes existaient déjà en 1914, avaient déjà obtenu certaines modifications favorables aux femmes, le droit au travail, une meilleure éducation et militaient beaucoup à la veille de la guerre pour l’obtention des droits politiques. Et c’était un mouvement international. Hors à l’issue du premier conflit, les Françaises n’obtiennent pas les droits politiques et le Code civil napoléonien, qui fait d’une femme mariée, une mineure juridique soumise à l’autorité de son mari. »

Très peu d’acquis donc au sortir de la guerre sinon dans le secteur de l’éducation et essentiellement pour quelques jeunes filles de la bourgeoisie ? Un décret de 1924 incitera les établissements à leur ouvrir des classes afin de préparer le bac et accéder aux études supérieures. Qu’elles soient avocate, journaliste, professeur, employée, agricultrice, médecin, mère au foyer, et même ministre, les féministes dont Simone de Beauvoir, auteure du 2e sexe, ont souvent évoqué ce statut minoré des femmes jouant un rôle majeur en arrière-plan.

Le féminisme naît en 1944 lorsque les femmes françaises obtiennent le droit de vote. Aujourd’hui encore et toujours, elles restent sous-payées par rapport aux hommes, et ce, malgré les lois.

« Le droit est important, il marque des jalons et a termes les tribunaux peuvent demande l’application des lois, si des individus portent plainte. Mais ce qui est important aussi c’est la prise en charge, de ces lois d’égalité si elles ne sont pas prisent en charges, effectivement elles ne permettent pas d’avancer vers l’égalité. »

La guerre, source de révolte, a suscité une prise de conscience de nombreuses femmes. Pourtant l’acquis des droits à l’instruction et au travail n’a malheureusement toujours pas révolutionné les mœurs.

Publié le 06/11/2018 - Modifié le 08/11/2018 - Par Michèle Diaz

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