Avec la mort de Chea Sim, une page de l'histoire du Cambodge se tourne
Chea Sim, le président du Sénat et du Parti du peuple cambodgien, est mort le 8 juin 2015.
RFI/ Siv Channa
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Avec la mort de Chea Sim, une page de l'histoire du Cambodge se tourne

La mort de Chea Sim, président du Sénat et du Parti du peuple cambodgien faisait la une de tous les journaux le 9 juin 2015 au Cambodge. Malade depuis des années, son décès à l’âge de 82 ans, lundi 8 juin, n’est pas une surprise. Mal connu en Occident, Chea Sim a été pendant les deux décennies qui ont suivi la tragédie khmère rouge un personnage politique de premier plan au Cambodge.
Par RFI -

Avec notre correspondante à Phnom Penh, Anne-Laure Porée

À l’annonce de la mort de Chea Sim, tout le quartier du Sénat a été bouclé. Depuis sa maison s’élèvent des chants funèbres pendant que les personnalités du gouvernement cambodgien viennent saluer sa dépouille. Sur les réseaux sociaux en revanche, les réactions sont plus virulentes. Le parcours de Chea Sim, proche de Hanoï, attise en effet le sentiment antivietnamien.

Chea Sim a été une personnalité politique de premier plan, après la chute du régime khmer rouge en 1979. Pourtant, il venait des rangs khmers rouges. Il était même commandant militaire. Il a fui les purges en 1978, s’est réfugié au Vietnam, et est revenu avec les troupes de libération. Les Vietnamiens, qui occupaient le pays, lui ont confié le ministère de l’Intérieur.

Un rôle politique crucial

Dès lors, il a eu la main pendant vingt ans sur les forces de sécurité du Cambodge et a joué un rôle politique crucial. Notamment au sein du Parti du peuple cambodgien, dont il est fondateur, et qui est toujours au pouvoir aujourd’hui.

Human Rights Watch ne lui trouve cependant aucune circonstance atténuante. Selon l’organisation, « Chea Sim a supervisé des districts où ont eu lieu de nombreuses atrocités et a présidé, après les Khmers rouges, un Etat policier. » Des critiques dont n’a cure le gouvernement, qui prépare une crémation en grandes pompes. Les funérailles veulent inscrire Chea Sim comme un « libérateur du régime génocidaire ».

Publié le 10/02/2016 - Modifié le 20/04/2018

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