Audio
kadhafi grafittis
Grafitti de Kadhafi à Benghazi.
Louis Quail/Getty
En effet, comme le constate le site d’information Slate Afrique, « le défunt Guide libyen fait l’objet d’un véritable culte auprès de certains Africains sensibles à ses largesses et hostiles à l’ingérence occidentale. (…) Mort, il est plus populaire que jamais, notamment au Mali, très majoritairement musulman », relève Slate Afrique qui rapporte ces récents propos du président Amadou Toumani Touré : « la Libye a consenti chez nous des investissements substantiels dans l’hôtellerie, le tourisme, l’agriculture et la banque, contribuant à notre développement. Je ne vais pas aujourd’hui, comme d’autres, cracher sur la Jamahiriya et son Guide. »

4'57'' - Première diffusion le 01/11/2011

Commentaire de Slate Afrique, « ATT fait écho au sentiment général de la population pour qui Kadhafi était un généreux bienfaiteur, un ami et un panafricaniste qui ne s’écrasait pas devant les puissances occidentales. »

Et effectivement, au Mali, le Guide libyen fait figure de martyr… « Après sa mort, les musulmans du Mali rendent un ultime hommage à Kadhafi », titre L’Indicateur Renouveau . Le quotidien malien rapporte en effet que des centaines de fidèles se sont rassemblés vendredi dernier à la Grande Mosquée de Bamako après la prière, à l’initiative de la Coalition malienne de soutien à Mouammar Kadhafi.
Interrogé par L’Indicateur Renouveau, Mohamed Macki Bah, président de cette Coalition, estime que Kadhafi est « un martyr tombé sous les balles de l’impérialisme », et qu’il « a subi le même sort que les grands révolutionnaires africains à l’image de Patrice Lumumba ou Thomas Sankara. »

Commentaire également de Chérif Ousmane Madani Haïdara, célèbre prêcheur et président de l’association An Sardine : « je suis triste de constater qu’en dépit de son engagement pour la cause de son pays et celle de l’Afrique, on le traîne dans la boue en le faisant passer pour un vulgaire dictateur. Je tiens à préciser que nul n’est parfait, poursuit-il, excepté le prophète et qu’aucun régime n’est non plus parfait. »

Hommages posthumes…

Et les autres journaux ne sont pas en reste. Dans de nombreux quotidiens maliens, les articles fleurissent sur la vie et l’œuvre du Guide libyen, avec des commentaires pour le moins élogieux.

Pour le quotidien Option , « certes, Kadhafi a toujours refusé de partager la moindre parcelle de son pouvoir mais, il a accepté avec patriotisme le partage total des richesses avec tous les libyens, faisant de son pays l’un des plus prospères au monde. Cette largesse de Kadhafi s’est concrétisée dans d’autres pays africains dont le Mali qui, depuis 1983, est devenu un terrain privilégié d’investissement de fonds libyens. »

Et puis, dans un long plaidoyer, L’Inter de Bamako tresse une véritable couronne de lauriers au colonel libyen : « du 1er septembre 1969, date de sa prise du pouvoir, au 20 octobre 2011, date de sa mort sous les bombes de l’OTAN, Kadhafi a systématiquement combattu l’affairisme, la concussion, le clientélisme, la gabegie, le gain facile ; mais surtout, poursuit L’Inter, pendant 42 ans, Kadhafi s’est montré invariable quant à la nécessité de mener le combat sans merci contre les colonialistes italiens, britanniques et contre le capitalisme franco- américain. »

Aucun doute pour L’Inter, l’objectif de la coalition occidentale était bien « l’assassinat crapuleux du Guide libyen en vue de se partager le pétrole et les marchés de reconstruction du pays. »

Le Sahel : une poudrière ?

Le conflit libyen et ses répercussions continuent d’inquiéter la presse sous-régionale… Et notamment la presse algérienne. Dans son éditorial ce mardi, le quotidien Liberté   estime que le Sahel « concentre en son sein tous les ingrédients d’une dangereuse déstabilisation. Aux motifs d’inquiétude traditionnels que constituaient le trafic en tous genres (contrebande, drogue, armes légères et immigration clandestine) sont venus se greffer deux nouveaux dangers : l’implantation du réseau maghrébin d’Al-Qaïda (…) mais aussi, et surtout, la crise libyenne qui a mis sur le marché de la contrebande un arsenal de guerre dont personne n’est en mesure aujourd’hui de quantifier, ni de qualifier. Le Sahel risque sérieusement de devenir une poudrière, s’alarme Liberté. Ce n’est ni une vue de l’esprit, encore moins une évaluation exagérée des risques. Les experts africains, ceux des pays occidentaux engagés dans la lutte antiterroriste, l’attestent et tirent la sonnette d’alarme. »

S’ajoute à cela la crainte d’une nouvelle pénurie alimentaire… C’est le site d’information Fasozine qui tire la sonnette d’alarme : « selon les dernières évaluations sur l’état des cultures, des millions de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire dans certaines régions du Sahel à cause des précipitations irrégulières, des prix élevés du riz et du blé importés, ainsi que du contexte général de malnutrition et d’insécurité alimentaire chroniques. » Fasozine cite le Programme alimentaire mondial ou encore le Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

De plus, rapporte le site d’information burkinabé, « selon l’Organisation internationale pour les migrations, le retour de Libye de migrants du Niger et du Tchad, qui envoyaient auparavant de l’argent à leur famille pour compenser la faiblesse des récoltes, est venu aggraver encore l’insécurité alimentaire. »

Publié le 17/01/2017 - Modifié le 24/01/2017 - Par Frédéric Couteau

Radio France International France 24 Monte Carlo Doualiya France Médias Monde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJD OJD Dénombrement des médias

Logo RFI

A la une : Kadhafi, ce héros !

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.