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Sri Lanka: la difficile voie de la réconciliation

Le candidat victorieux de l'élection présidentielle sri lankaise, Maithripala Sirisena, le 8 janvier 2015.
Le candidat victorieux de l'élection présidentielle sri lankaise, Maithripala Sirisena, le 8 janvier 2015.
Stringer / REUTERS
Au Sri Lanka, après dix ans d'un gouvernement autoritaire mené par le président Mahinda Rajapakse, un nouveau président a été élu en janvier 2015. Il a promis d'engager un processus de réconciliation entre les Cinghalais et la minorité tamoule, afin de refermer les plaies de la guerre civile. Celle-ci s'est terminée en 2009, au bout de 26 ans. L'un des premiers chantiers du nouveau gouvernement sera de rendre aux habitants les terres occupées par l'armée.

19'37" - Première diffusion le 24/03/2015

Depuis octobre 2014, la ligne de train entre le Sud et le Nord, entre les pays cinghalais et tamoul, a été rouverte, et avec elle, la possibilité pour les deux communautés de renouer des contacts. Mais le chemin de la réconciliation reste difficile.

Avec la défaite de la guérilla des Tigres tamouls en mai 2009, l’armée a occupé des hectares de terre dans le nord et le nord-est. Près de 150 000 militaires s’y trouvent encore. Ils cultivent les terres fertiles et vendent leurs productions sur les marchés tandis que les villageois tamouls, chassés de leurs exploitations agricoles pendant la guerre, attendent toujours que le gouvernement les leur restitue. Rien que dans la région de Jaffna, l’armée occupe encore près de 60 km2. Selon le député Mavai Senathirajah « environ 100 000 personnes ont perdu leurs terres et vivent encore dans 11 camps différents répartis dans la péninsule de Jaffna. À cela, il faut rajouter 200 000 réfugiés au sud de l'Inde et qui sont prêts à revenir si le gouvernement leur rend leurs terres. »

Une commission d’enquête sur les personnes disparues a été mise en place par le gouvernement précédent. Près de 20 000 requêtes ont été déposées en dix-huit mois. Elil Rajendran, membre du Forum de la société civile tamoule, ne croit pas à ce dispositif : « l'État ne va jamais poursuivre ses propres soldats impliqués dans le meurtre de centaines de milliers de Tamouls. Nous avons eu plusieurs commissions de la sorte et cela n'a rien donné Nous demandons donc que cela soit réalisé par la communauté internationale ». Le Sri Lanka ne peut d’autant pas se permettre de refuser cette assistance internationale que le pays n’a pas « de loi qui traite des problèmes de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de génocide … et pas assez de juges ou d'avocats compétents dans ce domaine » précise le responsable cinghalais de l’ONG Inform.

Publié le 12/06/2017 - Modifié le 13/07/2017 - Par Sébastien Farcis

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