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Le Premier ministre britannique, David Cameron, à Bruxelles.
Le Premier ministre britannique, David Cameron, à Bruxelles.
Francois Lenoir/REUTERS
David Cameron poursuit sa tournée européenne pour obtenir un assouplissement de l’Union européenne. Une fois les négociations avec leurs 27 partenaires terminées, les Britanniques décideront s’ils restent ou non dans l’Union. Les milieux d'affaires, à Londres comme en Europe, sont globalement hostiles à un « Brexit », souvent présenté comme néfaste pour l’économie britannique.

3'57'' - Première diffusion le 29/05/2015

Pour le moment il n'y a pas d'études exhaustives, détaillées, sur l’impact du « Brexit ». La Banque d'Angleterre travaille sur ce scénario, a-t-on appris par une fuite du Guardian, mais on ne sait pas encore si elle publiera le fruit de ses recherches. En revanche, il y a depuis quelques mois une rafale de prévisions et de mises en garde négatives.
 
La fondation allemande Bertelsmann, plutôt europhile, est la plus alarmiste. Elle prévoit un repli du Produit intérieur brut britannique de 14 % d'ici 2030. La Chambre allemande du commerce et de l'industrie abonde en parlant de désastre. Car en cas de « Brexit », à l'instar de la Deutsche Bank, d'autres entreprises allemandes pourraient quitter le royaume ou au mieux revoir leur plan d'investissement à la baisse, prévient la Chambre. Ces entreprises représentent 400 000 emplois sur le sol britannique. C'est donc une menace sérieuse.
 
La banque néerlandaise ING évoque de son côté l'impact de l'avant-référendum qui ferait déjà perdre un demi point de croissance au Royaume-Uni en 2017, en raison de l'attentisme des investisseurs. En revanche, prédit la banque, la victoire du « oui » ferait gagner 3,5 points de croissance en 2018.
 
Les patrons britanniques ne sont pas en reste dans ce concert d'avis catastrophistes
 
Ils craignent de voir les barrières douanières réapparaître. Une hypothèse inquiétante pour le commerce extérieur britannique, car l'Union européenne représente 50 % de ses débouchés. En fait, l'impact est à relativiser car le Royaume-Uni pourrait, comme d'autres pays européens non membres de l'Union, bénéficier d'un régime de libre-échange.
 
A l'instar de l'accord passé entre la Norvège et Bruxelles. Cela implique le respect d'un certain nombre de standards européens, argumente le patronat britannique, qui retourne donc le problème et se demande si une sortie de l'Union délivrerait vraiment les Britanniques du carcan de Bruxelles, comme l'escomptent les partisans du « non » à l'Union.
 
Le bilan est également flou pour la City qui rêve de s'affranchir des nouvelles règles imposées par la Commission pour limiter les excès, voire les frasques des financiers. Elle gagnerait en liberté mais perdrait en substance avec la délocalisation probable d'une partie des grandes banques étrangères. Seule certitude, à l'avantage de l'Etat britannique, il récupère sa contribution au budget européen. Soit 13,8 milliards d'euros par an, que les autres Etats membres devront en partie prendre à leur charge.
 
Les Britanniques voudraient surtout reprendre en main leur politique migratoire
 
David Cameron souhaite priver les migrants en provenance de l'Union européenne de prestations sociales pendant les quatre premières années de leur présence sur le sol britannique. Cette proposition, en totale contradiction avec les principes européens, colle aux attentes de l'électorat le plus europhobe, convaincu que les migrants détournent une aide destinée initialement aux sujets de la Couronne.
 
Cette promesse du Premier ministre profitera-t-elle vraiment à l'économie britannique ? Une étude réalisée sur la période 1995-2011 démontre que les migrants européens, souvent très diplômés, ont été des contributeurs nets au budget national. Les autres critiques sur les migrants aspirateurs d'emplois et compresseurs de salaires sont aussi relativisées dans un rapport de la London School of Economics.
 
Les avantages économiques d’un « Brexit » ne sont pas évidents pour le sortant, mais est-ce la priorité de monsieur Cameron ? C'est surtout un projet politique qu'il défend, dans l'espoir de récupérer les voix du parti europhobe Ukip.

 

Publié le 14/03/2017 - Modifié le 14/03/2017 - Par Dominique Baillard

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