Brexit démissions gouvernement britannique Theresa May
Theresa May quitte le 10, Downing Street pour se rendre à la Chambres des communes, le 15 novembre 2018.
Henry Nicholls / REUTERS
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Brexit: démissions en série au gouvernement britannique, Theresa May affaiblie

« Le gouvernement se délite sous nos yeux », c’est la déclaration un peu assassine du chef de l'opposition britannique, le travailliste Jeremy Corbyn. Depuis ce matin, jeudi 15 novembre, quatre ministres du gouvernement de Theresa May ont démissionné pour protester contre le projet d'accord sur le Brexit, un projet entériné la veille par le gouvernement après de longues heures de discussions.
Par Muriel Delcroix -

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Theresa May s'est présentée ce 15 novembre devant les députés alors que son gouvernement est plongé dans une grave crise. Elle a été accueillie au cri de « démission » de part et d’autre de la Chambre des communes.

Elle a commencé par rappeler que le document approuvé mercredi n’était pas l’accord final mais un projet d’accord. La dirigeante a aussi défendu le filet de sécurité, le fameux « backstop » négocié pour éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes en expliquant qu’il n’existe pas d’accord de Brexit n’incluant pas cette assurance et qu’il aurait été irresponsable de sa part de rompre la promesse de l’accord de paix en Irlande.

Theresa May a reconnu que les négociations avaient été « frustrantes » mais qu’elle continuait à croire qu’un accord dans l’intérêt national est possible. Theresa May a martelé à nouveau les choix qui s’offrent au pays : un retrait de l’Union européenne sans accord, voire pas de Brexit du tout, ou bien son plan. En clair, la dirigeante a fait ce qu’elle pouvait et son plan est la meilleure solution pour respecter le souhait des Britanniques lors du référendum.

4 ministres démissionnaires

Le ministre du Brexit, Dominic Raab, la secrétaire d'Etat du Travail et des Retraites, Esther McVey, le secrétaire d'État à l'Irlande du Nord, Shailesh Vara et la sous-secrétaire d'État chargée du Brexit, Suella Braverman, ont tous démissionné ce 15 novembre au matin. Dominic Raab estime que le plan négocié par Theresa May en prévoyant un alignement réglementaire plus poussé pour l’Irlande du Nord menace l’intégrité du Royaume-Uni. Pour sa part, Esther McVey ne peut soutenir un plan qui lie trop étroitement le pays à l’UE et ne respecte pas le résultat du référendum sur le Brexit.

Au moment où Theresa May pensait avoir repris temporairement la main en arrachant le soutien de son gouvernement avant d’affronter un Parlement hostile à son projet d’accord, Dominic Raab suivi par Esther McVey ainsi que deux secrétaires d’État font s’écrouler à nouveau le fragile château de cartes échafaudé par la Première ministre. Depuis ces annonces, la dirigeante est confrontée à des appels à la démission de toutes parts : conservateurs mais aussi travaillistes pro comme anti-Brexit estiment que ce texte d’accord est mort-né et certains appellent à un gouvernement d’unité nationale, d’autres à des élections générales.

Un député pro-Brexit réclame un vote de défiance

Le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg a réclamé ce jeudi un vote de défiance contre Theresa May. Le député, qui est à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), éreinte le projet d'accord. « Le projet d'accord de divorce (avec l'Union européenne) présenté au Parlement aujourd'hui s'avère pire qu'attendu et échoue à remplir les promesses faites à la nation par la Première ministre », écrit Rees-Mogg, dans le courrier adressé au président du comité 1922, responsable de l'organisation interne des Tories.

Publié le 16/11/2018 - Modifié le 16/11/2018

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