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Séisme au Népal: l’interminable attente des rescapés

Les népalais traversent les restes de bâtiments détruits à Chautara, le 30 juin 2015.
Les népalais traversent les restes de bâtiments détruits à Chautara, le 30 juin 2015.
Prakash Mathema / AFP
Le 25 avril 2015, un tremblement de terre de magnitude 7.8 a frappé le Népal. Le plus puissant séisme de ces 80 dernières années. Près de 9 000 morts, plus de 20.000 blessés, 600.000 maisons détruites. Le travail de reconstruction est titanesque. Et pourtant, un an après, et malgré des promesses de dons internationaux de plus de 4 milliards d’euros, des millions de personnes vivent toujours dans des abris de fortune. 

Réalisation : Ewa Moszynski.

19'30" - Première diffusion le 25/04/2016

Extraits de l’émission :

Environ 700 familles vivent dans le village de Khokana, dans la banlieue sud de Katmandou, où 75% des maisons ont été détruites. Les rescapés vivent dans des abris de fortune réalisés avec des matériaux de récupération, planches en bois pour les murs et tôle ondulée pour le toit. Hari Dangol témoigne : « Ma maison avait trois étages, il n’en reste plus qu’un. Quand la terre a tremblé, ma femme et ma fille étaient à l’intérieur. Heureusement, elles ont réussi à s’échapper avant que le toit et les étages supérieurs ne s’écroulent. Mon père a été tué par un pan de mur qui s’est effondré sur lui. Mon fils a eu plus de chance, il n’a été que légèrement blessé. »

Selon le Dr Pradeep Vaidya, responsable du comité de gestion des catastrophes de l’hôpital universitaire de Tribhuvan, « le plus important c’est la solidité de l’édifice. Lorsque vous opérez et qu’il y a un tremblement de terre, vous êtes face à un dilemme : fuir et abandonner son patient, ou rester et risquer sa vie ? Comme on savait que le bâtiment était sûr, personne n’a paniqué. Sans ce programme d’éducation, de formation et cette campagne de sensibilisation, le séisme aurait été beaucoup plus meurtrier. Nous avons opéré des patients grièvement blessés qui seraient morts s’ils n’avaient pas été pris en charge rapidement. Le premier jour nous avons accueilli 3 000 personnes et effectué plus de 400 opérations en 10 jours, précise-t-il. Si l’hôpital venait à être totalement détruit, nous disposons de 4 containers climatisés avec les médicaments et équipements nécessaires et un système d’approvisionnement en eau résistant aux séismes. C’est unique dans le pays. »

Sindhupalchok est l’un des districts les plus durement touchés de la vallée de Katmandou, il y a eu 3440 morts. Le 25 avril dernier de nombreux villages ont été rayés de la carte. Cette région montagneuse est classée zone à risque sismique élevé. Les glissements de terrain et les inondations y sont fréquents et font chaque année des victimes. Le séisme et ses centaines de répliques ont tout détruit dans le village de Ninjar : maisons, champs, systèmes d’approvisionnement en eau. Ici la population est très pauvre. Tout est à reconstruire. Un an après la catastrophe la plupart des villageois vivent toujours dans des cabanes de fortune. Les sinistrés n’ont reçu de l’Etat que du matériel pour construire ces abris provisoires et environ 200 € du gouvernement.

Après la phase d’urgence, de nombreuses ONG et agences internationales sont intervenues dans des villages très isolés, pour reconstruire les sanitaires et les systèmes d’approvisionnement en eau potable. Le département d’aide humanitaire et de protection civile de l’UE (ECHO) finance l’achat des matériaux pour des maisons plus sûres et plus résistantes, mais aussi pour former des maçons et des charpentiers. Les bâtisses sont fabriquées avec des matériaux locaux, du bambou et de la terre mélangée à du fumier comme isolant. Dans le village de Kapling on est en pleine phase de reconstruction. Un habitant récemment formé en maçonnerie et d’une aide de 340€ fournie par une ONG locale est fier de la maison pilote qu’il a construit lui-même. Il se montre confiant en sa « nouvelle maison qui résistera à un autre séisme selon lui. « Elle est solide. Je le sais, c’est moi-même qui l’ai construite ! » assure-t-il. Un témoignage optimiste qui tranche avec le fatalisme exprimé par la plupart des sinistrés qui n’attendent plus grand-chose des autorités.

Publié le 21/09/2017 - Modifié le 13/10/2017 - Par Jelena Tomic

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