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Réduction des pesticides: les agriculteurs français veulent agir

Un responsable de la FNSEA tient un disours sur la politique agricole commune dans le Cher le 12 février 2018.
Un responsable de la FNSEA tient un disours sur la politique agricole commune dans le Cher le 12 février 2018.
Guillaume Souvant / AFP
C'est une petite révolution dans le monde agricole français. La FNSEA, premier syndicat des agriculteurs, s'engage d'elle-même à réduire l'usage des pesticides pour prendre en compte la demande d'une agriculture plus propre de la part des citoyens français. La FNSEA propose un « contrat de solutions », 250 pistes au total, en collaboration avec les instituts de recherche agronomique, comme l'INRA.

01'59" - Première diffusion 27/02/2018

Agir plutôt que réagir aux décisions politiques sur les pesticides. C'est la philosophie du « contrat de solutions » proposé par la FNSEA, le syndicat majoritaire chez les agriculteurs. « Il s'agit de tracer une route pour la profession, elle en avait assez des voies sans issues », témoigne Luc Smessaert, le vice-président de la FNSEA, une allusion à l'interdiction prochaine du glyphosate, la molécule herbicide.

Adopter des solutions efficaces et démontrées

Les plans Ecophyto des gouvernements précédents ont permis d'écarter les pesticides les plus dangereux. Mais en volume, l'usage des produits chimiques est resté très élevé. Les agriculteurs ont peur des accidents de culture, ils ont aussi des contraintes climatiques plus ou moins fortes selon les années : en 2016, l'humidité les a poussés à utiliser plus de pesticides. Ils tentent bien par eux même les nouveaux outils satellitaires et numériques pour guider les machines à ne verser des pesticides que là où il en faut. Ils font des expériences, comme « les épices exotiques sur les semis de maïs, pour être tranquilles avec les corbeaux ». Mais ils attendent des solutions alternatives fiables et démontrées.

Lutte biologique contre les vers dans les pommes

D'où le recours à la recherche. L'INRA, l'Institut national de la recherche agronomique va collaborer à ce contrat de solutions des agriculteurs et proposer une multiplicité d'outils dûment testés. Exemples : la rotation des cultures, qui n'est pas encore répandue partout en France, où l'on cultive encore souvent du blé sur du blé ou du maïs sur du maïs ; les plantes de service pour attirer les insectes utiles ou piéger les ravageurs ; ou le bio-contrôle. Une sacrée différence pour les arboriculteurs : au lieu de 12 traitements pesticides par an sur les pommiers, les pièges à phéromones attirent les papillons (les carpocapses) qui sinon pondraient dans les fruits.

Vidoc, un nouveau cépage résistant à l’oïdium et au mildiou

Enfin, il y a la recherche de nouvelles variétés végétales. Quatre nouveaux cépages de vigne ont été mis au point par l'INRA, qui les présente au Salon de l'agriculture. Artaban et Vidoc donnent du raisin noir, Voltis et Floreal, du raison blanc, ils sont issus du croisement de cépages cultivés en France et de cépages sauvages d'Asie et d'Amérique, et surtout ils sont résistants à l'oïdium et au mildiou, ce qui permet de diminuer les fongicides de 80%. Le commissaire européen Phil Hogan a goûté le Floreal et il a bien apprécié ce nouveau vin blanc... Un bon présage, qui sait, pour l'orientation future des financements de la politique agricole commune (PAC), encore en débat en Europe.

Publié le 06/09/2018 - Modifié le 28/09/2018 - Par Claire Fages

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