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Les énergies renouvelables dépendent de ressources non renouvelables

Les énergies renouvelables dépendent de ressources non renouvelables
Des panneaux solaires dans le village de Siby, à 45 kilomètres de Bamako.
RFI/David Baché
Les énergies renouvelables sont aujourd'hui au cœur du débat de la COP21. Des énergies non fossiles, mais qui nécessiteront d'intensifier l'extraction d'autres matières premières du sous-sol.

Première diffusion le 7/12/2015

Parvenir à 40% d'énergies renouvelables demandera dans les trente ans qui viennent d'extraire du sous-sol encore plus de matières premières non renouvelables, à un rythme qui pourrait ne pas être tenable, estiment certains experts. On pense d'abord aux métaux rares, néodyme et dysprosium des aimants d'éoliennes ; le gallium, le germanium et l'indium nécessaires aux panneaux photovoltaïques ; au cobalt, au lithium et aux terres rares contenues dans les batteries pour stocker ces énergies.

Mais ce n'est pas tout : une éolienne de nouvelle génération contient 1500 tonnes d'acier, et du cuivre en pagaille notamment pour les câbles électriques, encore plus si la ferme éolienne est en mer ; pour produire un kilowatt-heure éolien, il faut 10 fois plus d'acier qu'une centrale électrique au gaz, 50 fois plus de cuivre, 90 fois plus d'aluminium, 15 fois plus de béton, c'est-à-dire aussi du sable, dont l'extraction mine déjà dangereusement les côtes maritimes.

Le recyclage des matériaux, une solution pas encore au point

Certes les processus de fabrication changent très vite, certains métaux critiques comme le lithium peuvent être remplacés par du manganèse et du graphite moins rares, de même l'industrie chinoise a majoritairement substitué le silicium très abondant au germanium et à l'indium dans ses panneaux photovoltaïques, mais avec un rendement énergétique plus faible, rappelle le spécialiste des métaux Christian Hocquart.

Le recyclage des matériaux est bien sûr une solution, mais il n'est pas encore au point : plus les alliages sont complexes et plus on économise la quantité de métal, plus il est difficile de le récupérer à l'état naturel. Les financements commencent à peine à encourager la recherche et développement dans ce domaine. Si l'on réalise, conclut Didier Julienne, qu'« il faudrait 5 à 6 ans de production d'un métal uniquement pour les énergies renouvelables, sans construire ni maison, ni voiture ni avion, on comprend que l'absence de planification de la production minière au niveau mondial handicapera les objectifs de la transition énergétique. » Une production minière qui ne sera pas produite avec l'énergie climatique que nous n'avons pas encore et qui occasionnera donc, au moins dans un premier temps, une surconsommation d'énergies fossiles. 

Publié le 08/06/2016 - Modifié le 08/06/2016 - Par Claire Fages

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