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Isabelle Cros
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Niveau de français : Français langue maternelle
Centre(s) d'intérêt : Culture, Langue française, Littérature
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le français avec RFI SAVOIRS

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CHRONIQUE LEXICALE. À la croisée des mots : le coq (script)

Vous aimez la chronique d’Yvan Amar Les Mots de l’actualité ? Nous aussi ! Et, à son instar, nous vous emmenons À la croisée des mots ! Vous êtes du genre à vous demander pourquoi une "fourchette" ne s’appelle pas un "zglub", pourquoi il n’est pas bon d’être un "bellâtre" ou pourquoi on va "au boulot" (au lieu de "se la couler douce") ? Alors partez à l’aventure à la croisée des mots avec comme guides les étudiants en traduction de l’Université de la Sorbonne nouvelle (ESIT). Explorez avec eux des contrées philologiques nouvelles comme les territoires linguistiques (mé)connus qui ont dessiné le monde d’hier et façonnent celui d’aujourd’hui. Le temps d’un voyage de quelques minutes, découvrez sans sortir de chez vous les mille et un secrets de la langue française !

                Le coq ! Loin d’égaler la majesté de l’aigle, la grâce du cygne ou encore la splendeur du paon, il s’agit pourtant de l’emblème officieux de la France, et ce depuis que nos ancêtres les Gaulois l’ont revendiqué comme tel. Il convient de revenir quelques années en arrière pour comprendre comment ce vaillant peuple de guerriers a choisi d’arborer cet oiseau sur le champ de bataille. En arrivant en Gaule, les Romains ont nommé en latin les habitants de cette terre les « Galli », au singulier « Gallus ». Par une totale coïncidence linguistique, il s’agit du parfait homophone de « gallus », désignant dans cette même langue le coq. Coïncidence, car les deux mots n’ont pas la même origine étymologique. En effet, « Gallus », le Gaulois, est le fruit d’une longue évolution phonétique ayant pour origine la racine indo-européenne « *gal », signifiant « pouvoir » ou « puissant ». Rien à voir donc avec le fier emplumé, dont le nom latin dérive, comme pour une grande partie des oiseaux, de l’onomatopée qui lui est associée : « gal, gla, glou », qui a également donné le nom de sa femelle, la « gallina », la poule.

                Face aux railleries des Romains sur cette homophonie, les Gaulois ont donc choisi de faire de ce volatile, ridicule face à l’aigle impérial, le symbole de leur vaillance et de leur pugnacité, qualités que les envahisseurs furent bien forcés de reconnaître. Le « gallus gallus » ou « coq gaulois » est donc devenu un des emblèmes de la France à partir du XVIIème siècle, officialisé sous la Troisième République, apparaissant sur les cachets, les timbres et les écussons. Aujourd’hui, il est l’apanage des seules disciplines sportives.

                Mais pourquoi utilise-t-on le mot « coq », qui n’a vraisemblablement aucune parenté avec le « gallus » latin ? Il provient d’une onomatopée latine plus tardive, désignant le chant du coq : « coco coco », devenue ensuite « cocorico ».

                De nombreuses expressions françaises lui ont ensuite été dédiées, en lien ou non avec cette histoire un peu particulière. Car il n’y a pas que le côté patriotique qui colle à la peau, ou aux plumes, du coq, mais également sa réputation de volatile agressif et fanfaron. Un caractère bien trempé que Jean de La Fontaine mettra notamment en scène dans sa fable « Les deux Coqs », où l’un des deux protagonistes, ayant trop fanfaronné, se fait dévorer par un vautour et détrôner par son rival. « Être fier comme un coq » sous-entend donc faire preuve de trop d’orgueil, être vaniteux. Un caractère que nos voisins étrangers s’empresseront sans doute de souligner ! Car en cas de victoire, le Français « fait cocorico », manifestant haut et fort son triomphe, un peu comme le coq de La Fontaine perché sur son toit pour ensuite être enlevé par le vautour… L’on peut aussi être « le coq du village », autrement dit l’homme le plus admiré des femmes, le roi de la basse-cour suivi de sa troupe de poulettes énamourées. Sans « passer du coq à l’âne », évoquons également les « mollets de coq » du sportif du dimanche, ainsi nommés en référence à la maigreur des pattes du volatile. Pour finir, je vous souhaite à tous de vivre heureux comme des « coqs en pâtes », aux plumes brillantes et choyés comme pour un concours agricole ! 

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Publié le 14/04/2017 - Modifié le 14/04/2017

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