#Français de l’actualité

Tsunami

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le jour de Noël, on aurait pu souhaiter un mot de l’actualité joyeux, souriant, plein d’espoir. Hélas, l’actualité n’est pas si souriante, et notamment on sait que l’Indonésie vient à nouveau d’être frappée par une catastrophe ! Alors bien sûr, autour de Noël, chacun se demande comment aider, comment secourir, comment venir en aide ? Mais le tsunami est là ! Et c’est le mot qu’on entend de façon tout à fait courante : un tsunami a frappé !

On parle d’un tsunami. Ce qui nous fait comprendre que ce mot, même s’il n’est pas français d’origine, fait maintenant partie d’un vocabulaire hélas familier, et fonctionne en français comme un nom commun. Alors qu’en décembre 2004, il l’était beaucoup moins. Pour ce désastre dont l’origine se situait au large de l’île de Sumatra, on parlait du Tsunami, comme si ce mot étrange à l’époque ne pouvait désigner que ce phénomène particulier. On l’avait pourtant déjà entendu en français, et pas récemment, puisque le dictionnaire Robert fait remonter sa première attestation à 1915. Mais c’était un mot de spécialiste, et il était incompris de la plupart des francophones ordinaires. On sait que c’est un mot japonais, qui veut dire vague, et désigne une certaine catégorie de raz-de-marée. Le mot n’est pas si précis que ça, il peut renvoyer en fait à des phénomènes dont les causes sont diverses : raz-de-marée déclenché par un séisme sous-marin, par une éruption volcanique, ou un glissement de terrain… Accident géologique plus fréquent, en ce moment dans le sud-est asiatique que dans le reste du monde, ce qui explique qu’on ait gardé pour le désigner un mot d’origine asiatique, même si les zones d’influence de ces catastrophes sont immenses.

En français, bien sûr, on parle de raz-de-marée. Un mot qui n’est pas rare, mais dont on connaît assez peu souvent l’origine. Et même on aurait tendance à mal l’interpréter. Comme si ce raz, qui s’est longtemps écrit ras, avait un rapport avec le verbe raser, l’expression à ras. Un ras de marée n’est pas, linguistiquement en tout cas, un « ras-le-bol marin ». Le mot n’évoque pas le fait que l’eau viendrait au ras de la terre, pour inonder ce qui d’habitude reste au sec.

En fait, le mot ras est tout différent. Le français l’a emprunté à un parler normand, qui le tenait d’une ancienne langue scandinave. Dans l’affaire, les passeurs sont les Vikings. Et ce terme désigne d’abord un courant violent, courant d’eau, pris dans un passage étroit, un genre de goulet. Et d’ailleurs c’est un mot qu’on retrouve dans des noms de lieux : la pointe du Raz par exemple.

C’est comme ça qu’est né le mot raz-de-marée, qui fait référence à cette vague gigantesque, qui vient déferler sur la terre.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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