#Français de l’actualité

Tonneau

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Traverser l’Atlantique dans un tonneau ! Voilà une belle résolution pour les prochains jours. Si Jean-Jacques Savin y arrive, il aura bien commencé l’année qui vient ! Parce qu’un tonneau, même si ça peut flotter, ça n’est pas bien grand, et ça propose rarement tout le confort. C’est même parfois le contraire : vivre dans un tonneau, depuis l’Antiquité, était considéré comme l’exemple même d’une vie a minima, qui refuse tout bien-être dont on peut se passer. On se souvient de Diogène, ce penseur grec qui prônait le dénuement et dormait dans un tonneau, ou une jarre !

Un tonneau est donc un grand récipient presque cylindrique mais enflé en son milieu, en général en bois, et qui sert à conserver le plus souvent un liquide. Surtout du vin d’ailleurs, qu’on peut garder et faire vieillir ainsi. Mais on trouve aussi des tonneaux de bière, de choucroute, de poissons séchés…

Sa forme se prête donc à des expressions imagées : être gros comme un tonneau. Mais le tonneau roule aussi sur lui-même, ce qui fait que le mot fait penser à des mouvements : un avion peut faire des tonneaux, c’est une figure de voltige, lorsqu’il tourne sur lui-même. En revanche, si une voiture fait des tonneaux, c’est qu’elle s’est retournée complètement, lors d’un accident.

D’autres significations nous viennent, non pas de la forme mais de l’usage du tonneau : il peut donner un certain goût, un certain caractère à ce qu’il contient. C’est comme cela qu’on peut comprendre une expression comme « du même tonneau », c’est-à-dire du même genre.

D’autre part, il est fait pour conserver, mais gare aux fuites. Le tonneau qui n’est pas étanche est donc semblable au panier percé, à la poche percée : une façon pittoresque de parler de ceux qui sont très dépensiers.

On se rappelle aussi le tonneau des Danaïdes : une locution qui évoque une tâche qu’on n’arrive jamais à terminer, un peu comme d’autres épisodes mythologiques : les écuries d’Augias, si vastes qu’une fois qu’on les avait nettoyées, la première partie était de nouveau souillée. Ou encore la punition de Sisyphe qui doit monter un rocher au sommet d’une colline, mais dont le fardeau redescend toujours sitôt que le sommet est en vue. Mais l’image du tonneau des Danaïdes est forte, et le plus souvent, on l’emploie à propos de dettes qu’on n’arrive pas à payer, d’une affaire qu’on ne parvient pas à assainir financièrement. Alors pourquoi les Danaïdes ? C’était cinquante sœurs promises à cinquante frères, mais qui avaient peur -peut-être à juste titre- d’être massacrées par leur mari. Alors, pour éviter cette fin cruelle, elles avaient, à la fin de la nuit de noces, plongé leur épingle dans le cœur de leur jeune mari confiant. Une punition exemplaire les guettait, et Zeus avait ordonné qu’elles remplissent, dans les Enfers, un tonneau percé.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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