#Français de l’actualité

To Bibi or not to Bibi

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

To Bibi or not to Bibi ? Cette formule facétieuse, on a pu l’entendre plus d’une fois en Israël ces derniers temps, jusqu’aux élections législatives qui viennent d’avoir lieu et qui apparemment, reconduisent Benjamin Netanyahou dans ses fonctions de Premier ministre. Et tout le monde dans le pays sait que Bibi est le surnom de cet homme politique. La blague était donc facile et tentante, juste avant ce scrutin qui en fera probablement le dirigeant israélien la plus grande longévité politique. Va-t-on être avec Bibi ? Ou même pour être encore plus direct, va-t-on être Bibi ? Question très israélienne. Mais il faut pour la comprendre connaître la phrase anglaise de départ : to be or not to be. Pourquoi une phrase anglaise dans le mot de l’actualité ? Parce qu’elle est connue de tous ou presque, dans sa forme originale comme dans sa traduction.

Il est vrai qu’en français, on la cite souvent traduite : être ou ne pas être. Mais la version de départ est si souvent citée qu’elle fait également partie d’une culture commune : la francophonie intègre parfois des souvenirs qui proviennent des langues limitrophes. Et Shakespeare et si célèbre, tellement représentatif d’un génie universel, que sa présence n’est pas contestée en français.

To be or not to be, That is the question! C’est la citation dans la forme plus complète qu’on lui donne le plus souvent, et c’est le début du célèbre monologue d’Hamlet. On est encore au début de la tragédie, au premier acte. Et le prince du Danemark se pose cette question qui est devenue le symbole même de la question existentielle, de la réalité de la vie, du sens de la vie.

La renommée de Shakespeare a fait que les langues européennes se permettent facilement des références ou des allusions à son théâtre. Le plus souvent dans les traductions d’ailleurs, mais pas toujours, on vient de le voir.

Et Hamlet vient certainement en première place, avec ce to be, mais aussi avec la phrase célèbre qui dit qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark. Parfois on traduit par empire ou état, mais le sens demeure : quelque chose fondamentalement, centralement, ne marche pas dans cette entreprise… Et si l’on ajoute « Hélas pauvre Yorick », exclamation d’Hamlet qui tenant dans sa main le crâne de ce bouffon, exhumé du cimetière, et mort depuis si longtemps.

Et Hamlet tient dans sa main le crâne du fou Yorick. Méditation donc sur la vie, la politique et la mort : on tient l’essentiel.

Et si on ajoute quelques considérations sur les passions, on fait presque le tour du monde shakespearien : « Tous les parfums de l’Arabie ne purifieront pas cette gracieuse main »

Pour mettre toute chose en perspective, on dira évidemment que le monde est un théâtre dont les humains sont les acteurs. Et on finit avec l’amour : un Roméo, c’est un amoureux !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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