#Français de l’actualité

Surfer sur la vague

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Bref, tout le monde essaie de surfer sur la vague, mais chacun a énormément de mal à ajuster les choses. C’est la phrase de conclusion d’un entretien, enregistré pour RFI avec un spécialiste, Arnaud Mercier. Et cette phrase est une tentative de description de la situation politique actuelle, et de la crise des gilets jaunes. Tout le monde essaie de surfer sur la vague, c’est-à-dire ? Le sens est clair : tout le monde essaie de profiter de la situation, et surtout de prendre position par rapport à ce vaste mouvement de mécontentement ! D’en profiter d’une certaine façon, et plutôt en s’y associant. Mais en précisant sa position : plus ou moins radicale, plus ou moins nette, en se dissociant, ou pas de ceux qu’on appelle les casseurs. Mais ce n’est peut-être pas la seule façon de prendre position : on peut être contre et expliquer pourquoi. Mais si on surfe sur la vague, ça donne bien l’idée qu’on utilise ce mouvement, sa force, son élan, son dynamisme. L’image est très claire, et nous rappelle ce sport dont l’image est très populaire.

Et même si on ne le pratique pas, on sait de quoi il s’agit : on reste debout sur une planche qui glisse sur la crête d’une vague. Et c’est bien difficile : la vague qui vous porte est mouvante et il faut rester en équilibre sur le sommet de ce rouleau d’eau qui se déplace jusqu’à ce qu’il s’épuise et s’affaisse. Le nom de l’activité dérive tout droit de l’expression anglaise, surf riding. Et le mot surf désigne un certain type de vague particulièrement porteuse. C’est le mot qui est passé en français, avec une prononciation qui se rappelle vaguement cette origine anglophone.

Le mot a eu beaucoup de succès en français, avec des emplois et des effets de sens tout à fait intéressants. D’abord, celui qu’on vient de remarquer : on surfe sur une vague quand on se laisse porter par elle : une vague de popularité ou parfois d’enthousiasme. Et cela s’entend toujours de manière figurée : le pouvoir politique a pu surfer sur la vague de la victoire des bleus à la dernière Coupe du Monde. C’est-à-dire essayer de faire rejaillir cette énergie à son profit.

La nuance d’instabilité, de recherche constante d’équilibre par des mouvements qui contrebalancent ceux de l’énergie porteuse est essentielle. Et on n’arrive pas très loin du zig-zag. Je suis entré dans une entreprise où je ne suis pas très aimé : on m’en veut, on glisse des peaux de banane sur mon passage, on me donne le travail le plus risqué, le plus difficile : il faut que je surfe entre toutes ces embûches, que je les évite, que je slalome entre les unes et les autres.

Mais, usage très courant, on dit aussi qu’on surfe sur le net. C’est-à-dire qu’on navigue, qu’on passe d’un site à l’autre, en utilisant les hasards et les rencontres heureuses, pour chercher des informations, ou simplement pour être en contact avec des contenus divers, qu’on ne cherchait pas forcément, mais qu’on est content de rencontrer…

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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