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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Theresa May face à une alliance sulfureuse ?  C’est ainsi qu’est qualifiée le lien qui peut s’établir entre elle et Arlene Foster, leader des Unionistes d’Irlande du Nord. Pourquoi sulfureuse. Cela évoque l’odeur du diable. Mais pas d’un diable vraiment sympathique, alors même qu’il l’est assez souvent dans la langue. Sulfureux n’est donc pas du tout l’équivalent de diabolique, l’adjectif qui s’applique au diable, et qui très souvent a un côté positif. Un plan diabolique fait peur : on l’a monté pour des motifs infâmes. Mais en même temps on est un peu admiratif : si c’est diabolique, c’est incroyablement intelligent, astucieux, malin. Le mot malin désigne d’ailleurs à la fois le diable et l’intelligence rusée !

Sulfureux, c’est autre chose !

Ca fait référence à une réputation inquiétante, et ça revient à dire que le personnage en question est infréquentable, qu’il a des idées, ou des pratiques inacceptables.

C’est qu’il appartient à un univers mal vu, pervers.

Le soufre, le sulfureux – et l’adjectif est encore plus évocateur que le nom – évoque ce qui est pervers. Et cette parenté avec le diable évoquerait plutôt une attirance pour le mal, le sadisme, la cruauté, ou encore des idéologies liées à l’exclusion, voire au racisme. En fait, tout l’épisode historique de la Deuxième guerre mondiale étant plus ou moins considéré comme le mal absolu, la référence au soufre, au sulfureux y est bien souvent comme une allusion indirecte.

Alors pourquoi le soufre ? Parce que c’est la matière qui évoque le Diable. Les légendes voulaient que les apparitions du Malin s’accompagnassent d’une odeur qui l’identifiait, et qui était celle de cette matière. Et le soufre, c’est aussi une odeur, qui vous prend à la gorge, vous étouffe presque.  Ce n’est pas en soi l’odeur du mal, mais ça a pu le devenir à travers toutes les associations qui ont été faites autour de cette substance !

Pourquoi ? Tout ce qui a trait au Diable est nécessairement mystérieux, mais on peut dire que le Diable évoque toujours le feu, et on sait que le soufre est une matière qui s’enflamme spontanément dans certaines circonstances. Alors peut-être le feu de l’Enfer n’est-il pas loin. Car c’est bien de ça qu’il s’agit : en Enfer, on brûle et le Diable est un genre de chaudronnier du Mal.

Le plus curieux de l’affaire est que ce même soufre – et ce même feu – sont aussi les instruments de la purification divine. Les sorcières au bûcher sont-elles châtiées ou purifiées ? Ou les deux ? Et la ville de Sodome, détruite d’après la Bible par le courroux de l’Éternel, périt dans les flammes, et sous une pluie de soufre.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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