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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Donald Trump s’en prend au droit du sol. C’est prévisible, peu avant les élections de mi-mandat, c’est une façon de flatter son électorat sur les thèmes anti-migrants qui lui réussissent, même s’il sait bien que l’annulation de ce droit du sol aux États-Unis se heurterait, d’abord, à la Constitution. Il dit même que les États-Unis sont le seul pays au monde où ce droit a force de loi. Ce qui n’est pas vrai bien sûr, la France, par exemple, est soumise au droit du sol. Et, en France aussi, il est remis en question par des politiques : Laurent Wauquier, il y a quelques mois, remettait en cause sa légitimité.

Le sens de cette formule est facile à comprendre, le droit dérive du sol et en particulier le droit d’avoir telle ou telle nationalité. Grâce au droit du sol, on prend la nationalité qui correspond au sol sur lequel on voit le jour. Si on nait en France, on est français. Et ce droit du sol s’oppose au droit du sang, autre phrase qui évoque la transmission de la nationalité par les ascendants : de parents polonais, on nait polonais, de parents irlandais, on nait irlandais. Si on a un père irlandais et une mère polonaise, c’est un peu plus compliqué, soit. Mais on aura compris la logique.

Le sol c’est donc la terre, la surface, ce sur quoi nous marchons. Mais ce mot a une charge symbolique forte, comme si ce sol représentait un ancrage, une relation d’appartenance : il est souvent associé à l’idée de ta terre-mère, à la mère patrie. On foule le sol français dit-on parfois, c’est-à-dire qu’on marche en France, mais cette expression toute faite « fouler le sol » est un peu ampoulée, qui s’emploie surtout lorsque l’on revient de l’étranger. Ça exprime l’idée de se retrouver bien chez soi. Comme si on avait une relation affective à la terre qui est sous nos pieds.

Ce terme a bien d’autres emplois, souvent bien plus ordinaires : le sol est souvent assimilé à un plancher et fait référence fréquemment à un plan horizontal aménagé, sur lequel on peut bâtir quelque chose, ou simplement marcher : on parle du sol d’une maison. Ou même d’un étage. Et on évoque souvent la matière qui le recouvre, un sol en pierre, un sol dallé, fait de tomettes ou parqueté, fait de parquet. Ou même un sol en terre battue, pour les habitats plus rustiques. Et lorsqu’à propos d’une maison, on veut évoquer un travail qui en concerne tout l’espace, au lieu de dire de A à Z, expression fréquente en français, on peut dire « du sol au plafond » ! On a tout repeint, du sol au plafond !

On retrouve d’ailleurs le mot dans la logique verticale qu’on peut avoir d’une bâtisse. Jadis, dans les immeubles bourgeois parisiens surtout, dans ce qu’on appelle l’architecture hausmannienne, dans ces beaux immeubles construits en pierre de taille, on avait au-dessus du rez-de-chaussée une sorte de demi-étage qui n’était pas destiné à une habitation bourgeoise : buanderie, office, parfois transformés plus tard en bureaux. Et on appelait ça l’entresol, qui se situait juste au-dessus de l’étage noble : le premier au-dessus de l’entresol !

Et, en dessous du rez-de-chaussée, on peut avoir bien entendu le sous-sol. Mais cette désignation ne s’applique pas uniquement aux constructions : le sous-sol d’un pays renvoie aux richesses qu’on peut en extraire : or, diamant, charbon, bauxite, uranium… On a parfois des sous-sols qui font un pays extrêmement riche, alors que sa surface n’en laissait rien présager.

Le sol s’oppose souvent aussi à ce qui a de la hauteur à ce qui est dans l’air. Il indique ce qui est en bas. Tout en bas ? Pas forcément, mais pas loin. Lorsqu’on dit d’un oiseau ou d’un avion qu’il rase le sol, c’est qu’il vole très bas, en rase-mottes dit-on aussi. Et quand on parle de ce qui est au ras du sol, on parle de ce qui est presque par terre. Mais presque : un éclairage au ras du sol n’est pas fixé bien haut. Mais il n’est pas non plus exactement posé par terre.

Quant à l’aviation, elle a aussi recours au mot, ne serait-ce que pour s’en éloigner : on parle pour un avion d’essais au sol, avant qu’on effectue les essais en l’air. Et dans l’aviation militaire, on parlera des missiles sol-sol, ceux qui partent du sol, atteindre des cibles qui y sont aussi, et des missiles sol-air, qui partent du sol pour toucher des avions, des aéronefs, ou d’autres missiles.

Avertissement !

Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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