#Français de l’actualité

Sapin

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

C’est bien la semaine du sapin que celle qui s’étend du soir de Noël jusqu’au premier jour de l’année suivante. Et, en effet, dans de très nombreux pays occidentaux, la tradition veut qu’on coupe un sapin pour le mettre au centre du village, ou même chez soi, et qu’on le décore. De là, l’expression un sapin de Noël, ou même plus fréquemment encore un arbre de Noël. Et l’image en est si présente que parfois, par moquerie, on compare à un arbre de Noël une femme couverte de bijoux, avec des breloques qui brillent et qui pendent, comme les décorations qu’on met sur l’arbre.

Cette tradition de l’arbre de Noël est très ancienne, bien plus que celle du Père Noël relativement récente. Elle remonte même à des rites païens, qui célébraient le passage du solstice en brûlant un arbre décoré : un symbole de la vie renaissante ! Mais aujourd’hui, le symbole, qui n’a rien de spécialement religieux est très associé à une fête des enfants, et surtout à une fête des cadeaux. On peut mettre, la veille de Noël, ses chaussons sous les sapins : c’est là qu’on y trouvera le lendemain un cadeau. Et les cérémonies d’arbres de Noël se répandent d’ailleurs au-delà de la sphère enfantine ! Toutes les maisons de retraite ont leur sapin, avec parfois le maire ou même, quand on a de la chance, un député, voire un ministre qui vient faire un discours, boire un verre de vin, et s’associer à cette célébration de l’amour universel et de la charité en bas de chez soi. Sans compter les entreprises qui elles aussi réconcilient tout le monde autour de ce symbole de fin d’année.

Et pourtant, le sapin est lié à des expressions bien différentes, parfois presque inverses : le sapin est réputé être le bois dont on fait les cercueils, et particulièrement les cercueils des pauvres, ceux qui ne coûtent pas trop cher. Le sapin a donc été associé à cette idée d’enterrement, notamment dans des expressions humoristiques, ironiques, qui précisément mettent à distance par le sourire cette peur de la mort que nous partageons tous : « ça sent le sapin », dit-on parfois à propos d’une maladie dont on a peur qu’elle soit mortelle, incurable, à évolution rapide. Et le plus souvent, quand on dit cela, c’est que ce n’est pas si grave que ça : on évoque la proximité de la mort pour mieux la défier, et faire son brave.

Et puis, on disait aussi très couramment au XIXe siècle et même au début du XXe : prendre un sapin, pour prendre un fiacre. Les fiacres étaient ces ancêtres des taxis, calèche tirée par un cheval qu’on louait pour un parcours en ville, et surtout à Paris. Beaucoup étaient fabriqués en sapin ou en pin, et la matière désignait donc aisément la chose. Prendre un sapin ou héler un sapin vous évitait donc de rentrer chez vous à pied… Encore fallait-il mettre la main au porte-monnaie.

Enfin, on a quelques expressions assez anciennes et plus canadiennes que françaises : se faire passer un sapin, c’est non pas se faire passer un savon, c'est-à-dire se faire vertement réprimander, mais se faire avoir, se faire rouler.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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